Grève des fonctionnaires: Alexandre de Senarclens face à Romain de Sainte Marie

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Grève des fonctionnaires Après l’arrêt de travail de ce lundi, le Cartel intersyndical de la fonction publique annonce une grève le 14 décembre. Deux députés, Alexandre de Senarclens, président du PLR et Romain de Sainte Marie, chef du groupe socialiste analysent la situation. Leur texte montre combien le dialogue est difficile, voire cassant.

Un affront à l’État et aux citoyens

Alexandre de Senarclens, Député et président du PLR

Tant sur le fond que sur la forme, le mouvement de grève organisé par le Cartel intersyndical est un affront aux institutions et aux citoyens de notre canton. Par cette volonté d’aller au conflit, ce syndicat accroît les tensions au détriment de toute la population. La démarche excessive du Cartel s’assimile à une prise d’otage et ne peut aucunement être justifiée compte tenu des circonstances.

Sur le principe d’abord, en s’enfermant dans une logique d’opposition systématique, le Cartel porte atteinte à notre culture du partenariat social. Fruit d’une longue tradition et envié à juste titre par certains de nos voisins, le partenariat social est incontestablement une des forces de la Suisse. Le rôle des syndicats est essentiel dans ce processus, pour autant qu’ils soient prêts à assumer leurs responsabilités et à négocier de bonne foi. En recourant une fois encore aux menaces et à la grève, le Cartel nous détourne d’une résolution constructive et conduit dans une impasse celles et ceux qu’il prétend représenter et défendre. S’agissant de l’objet de ses revendications, le Cartel s’inscrit en totale contradiction avec la réalité économique et budgétaire du canton. Alors que le projet de budget, tel que sorti de commission, est déficitaire de plus de 186 millions de francs pour l’année 2018 avec l’embauche de 300 employés de plus pour le seul petit État, le Cartel parle quant à lui d’un «budget d’austérité».

Depuis de nombreuses années, l’État augmente de façon démesurée ses charges de personnel. Aujourd’hui, des mesures ambitieuses s’imposent si nous voulons assainir durablement nos finances et garantir les retraites des fonctionnaires. Le projet de recapitalisation de la CPEG à hauteur de 4,7 milliards de francs à payer par tous les contribuables du canton s’inscrit dans ce contexte. En proie à un déni pour le moins préoccupant, le Cartel renvoie d’un même revers de main toute velléité de réforme et de modernisation de la fonction publique.

Enfin, le mouvement de grève intervient alors que les projets de loi mis en cause sont étudiés au Grand Conseil. Il revient à ce stade aux élus de se prononcer sur ces questions. L’ingérence du Cartel dans le processus démocratique n’est pas de nature à favoriser un débat serein et raisonnable. S’il persiste dans la confrontation, le Cartel devra accepter le risque de perdre toute crédibilité devant la population et en tant qu’interlocuteur du gouvernement dans les nécessaires réformes à entreprendre. Il fait courir le risque aux employés de l’État que la réforme de la CPEG s’enlise et que le comité de la caisse doive passer par des mesures drastiques au détriment des futurs retraités de la fonction publique.

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Contre le cumul des réformes antisociales

Romain de Sainte Marie, député socialiste

Non, les employés de la fonction publique n’apprécient guère manifester par un temps glacial. Ce n’est pas non plus la proximité de la période des festivités de l’Escalade qui les poussent dans les rues de la Vieille-Ville. En revanche, il règne encore à Genève un esprit de résistance en cette période. La résistance face à des projets majeurs qui mettent en danger les finances publiques et plus précisément les prestations à la population. Le mouvement de grève du 4 décembre est un avertissement contre le cumul de ces réformes antisociales. Desquelles parlons-nous?

De la réforme de l’imposition des entreprises PF 17 (anciennement RIE III) qui est la «mère de toutes les batailles» et qui ferait perdre aux collectivités publiques, canton et communes, près d’un demi-milliard de francs, si le plan proposé par le Conseil d’État était accepté.

Du projet SCORE réformant les ressources humaines au sein de l’État et qui accroît les inégalités salariales et les risques d’inégalités de traitement au sein de la fonction publique. Réforme qui laisse au Conseil d’État la liberté de modifier par voie réglementaire les salaires. Ce même Conseil d’État qui profite, au passage, de s’octroyer une augmentation de salaire de 30 000 francs par an pour chaque conseiller d’État!

De la capitalisation de la caisse de pension de l’État de Genève (CPEG) dont le projet du Conseil d’État demande aux fonctionnaires un effort supplémentaire en matière de cotisation et rend plus instable le montant de leur retraite. Du plan financier quadriennal qui vise à ramener les finances du Canton à l’équilibre au moyen d’un plan d’austérité. Encore une fois, la fonction publique et les prestations délivrées se verraient rabotées de 40 millions de francs de coupes. L’accumulation de ces réformes qui touchent la fonction publique mais avant tout les prestations délivrées aux Genevois engendre un trop-plein! À vouloir trop charger la barque, on finit par la faire couler. Cette situation amène à la conclusion suivante: le Conseil d’État ne sait pas négocier efficacement, il repousse au lieu d’oser effectuer des choix, il maîtrise mal son agenda et aboutit à la situation d’étranglement que l’on connaît aujourd’hui.

Finalement, le vote du projet de budget 2018 par une majorité de la Commission des finances résulte de la pression exercée par la mobilisation de la fonction publique. Avec le retour de l’annuité complète pour la fonction publique, le financement de 300 postes supplémentaires et une croissance des charges proche de 2%, ce projet est loin d’être parfait mais il assure aux Genevois l’essentiel des prestations publiques.

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Créé: 06.12.2017, 09h47

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