Le Grand Genève est le royaume du bonheur, mais pas pour tout le monde

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Que du bonheur! Comme aime à l’écrire l’un de nos conseillers d’Etat. Dans le Grand Genève, les gens sont contents, mais contents à un point tel qu’un degré de plus et ce serait douloureux. Selon le sondage réalisé par la HES-SO Genève en partenariat avec la Tribune de Genève, le niveau moyen de satisfaction des habitants de la région se situe à 7,9 sur une échelle de 10. Ah bon?

Publié et commenté dans nos éditions du 26 avril, ce sondage révèle des Grands Genevois baignant dans la félicité en matière de logement, de sécurité ou de conditions de travail. Les seuls bémols concernent les temps de trajet pour les Haut-Savoyards (note de 6,6) et le sentiment d’appartenance à la région (5,4 en moyenne).

Bizarrement, cet état de béatitude n’est pas exactement la première chose qui frappe lorsqu’on pénètre, de bon matin, dans un bus des TPG. Les Genevois auraient-ils le bonheur rentré, la félicité introvertie, la sérénité tout intérieure? Ce serait là une attitude très calviniste et donc hautement respectable. Il y a toutefois longtemps que la majorité de la population du canton a pris ses distances d’avec le grand réformateur ou pratique tout simplement une autre religion.

Le petit air de Mélodie du bonheur qui émane de ce sondage étonne également en regard des soubresauts de la vie politique locale. A moins de penser que cette dernière n’est absolument pas le reflet des secousses qui traversent la société. Comment par exemple expliquer la montée en puissance d’un parti comme le MCG sans la présence d’un malaise au sein d’une partie importante de la population? Les cris d’alarme lancés par la gauche et les associations contre une montée de la précarité ne seraient-ils que pure affabulation?

En fait, non. Ce que dit ce sondage, c’est que la vie est plutôt belle pour une grande partie de la population. Tant mieux. Mais il montre aussi que ce n’est pas Noël tous les jours pour ceux qui tirent le diable par la queue. Ainsi, le niveau de satisfaction est très fortement corrélé à celui de la situation financière. D’accord! Dire que lorsque l’on est dans la dèche on rigole généralement moins est un truisme. Encore faut-il le prouver et, surtout, parvenir à mesurer la profondeur du désarroi. Et là, c’est gratiné.

On ajoutera encore, pour atténuer ce portrait d’un peuple heureux, qu’il est moins l’état objectif d’une situation que la perception des sondés de leur propre situation. Or, quand il faut se présenter aux autres, tout le monde se fait un peu plus beau qu’il n’est. Mais on ne va quand même pas reprocher au Grand Genève d’être peuplé par des humains.

(TDG)

Créé: 28.04.2016, 19h39

Dossiers

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...