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Quel Genève voulons-nous?

Genève, 10 novembre

C’est la question qui nous est posée lors des votations du 24 novembre. Que ce soit le bétonnage du Pré-du-Stand, le changement de zone de construction du village du Petit-Saconnex ou le contrôle démocratique de l’aéroport, tous ces sujets convergent vers la même interrogation: voulons-nous un canton de Genève où il fait encore à peu près bon vivre ou souhaitons-nous détériorer encore notre cadre de vie?

Le village du Petit-Saconnex peut déjà aujourd’hui être densifié, un peu moins qu’en cas de changement de zone d’affectation, mais en préservant la biodiversité existante et la qualité de vie d’un quartier déjà bien dense, avec ses deux complexes d’immeubles de la Tourelle et de Budé.

Quant au Pré-du-Stand, on peut légitimement se poser la question de la nécessité de bétonner une zone agricole pour construire des bureaux, alors qu’il y en a actuellement plus de 200 000 m2 de vacants dans le canton aujourd’hui.

Enfin, le développement de l’aéroport souhaité par les autorités fédérales ignore les nuisances qui en découlent et qui doivent être supportées directement par quelque 150 000 riverains et indirectement par l’ensemble de la population genevoise, alors que la Genève internationale dit être satisfaite de l’aéroport actuel.

Ne devrions-nous pas prendre le temps de la réflexion, par exemple en organisant des assises ouvertes à la population, pour connaître le Genève souhaité par ses habitants?

Philippe Meyer de Stadelhofen, coprésident de la Commission environnement et agriculture PDC-GE

Lendemains électoraux

Cologny, 12 novembre

Je n’ai pas voté Hugues Hiltpold et ça n’a rien à voir avec M. Maudet. C’est la position qu’il défend concernant la liberté de chacun d’utiliser le moyen de transport de son choix en ville qui me chagrine. Dans ce contexte, la liberté individuelle induit des contraintes collectives qui deviennent insupportables et qui, finalement, retombent sur l’individu lui-même (Montesquieu, Rousseau…).

La nature n’a que faire de nos positions idéologiques et la dégradation de notre environnement n’a pas de couleur politique. Il faut du courage et une vision à long terme pour proposer des solutions contraignantes qui fassent réellement changer de comportement, mais après c’est tout bénéfice. Visitez ces villes européennes qui ont rendu piétonnier leur centre, qui ont su juguler le trafic automobile et développer les transports publics, même les commerçants s’y retrouvent et c’est un plaisir d’y séjourne! Engoncés dans des principes qui ont forgé leur identité, les partis traditionnels […] ne semblent plus capables de regarder les faits autrement qu’avec leurs lunettes.

Fasse que le parti montant ne tombe pas dans ce «traVerts»

Richard Jaquemet

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C’est toujours la faute des autres

Genève, 13 novembre

D’où vient cette voix en nous qui cherche toujours la faute des autres, se demandait un certain Roland Poupon, penseur libanais. Cette voix qui conduit à ne pas se poser les vraies questions et à régler des comptes. «Débâcle du PLR», titrait le 12 novembre la «TdG». Et Christian Lüscher d’en rajouter en accusant directement Pierre Maudet d’en être la seule cause. Rien n’est moins sûr: lors des élections au Conseil national, tous les grands partis ont été impactés par la vague verte. À Genève, (…) le PS a davantage perdu que le PLR sans avoir eu une quelconque affaire, ce qui signifie en clair que la vague verte a véritablement été la cause du recul de ces deux partis sans qu’on puisse objectivement impliquer Pierre Maudet dans la baisse du PLR. Comment donc expliquer l’échec cinglant d’Hugues Hiltpold et de Béatrice Hirsch?

Brutalement, je dirai qu’ils n’ont pas fait le poids. D’abord, parce que ce ticket a donné une image de façade, en raison des velléités du PDC genevois d’avril d’abandonner l’Entente et surtout de la décision du PDC suisse d’octobre de formaliser une alliance avec le PBD et le PEV afin de jouer un rôle pivot entre la gauche et la droite. […] Que la campagne ait été dure, qu’elle ait poussé des anti-Maudet à apostropher quelques-uns de nos militants, sans aucun doute, mais sans effet significatif sur le résultat des élections. Nul doute que la cause principale de ce cinglant échec doit être attribuée à la division de la droite. Quand on fait de la politique, il faut savoir qu’elle se décline sur des rapports de force et qu’il ne faut donc pas exclure des alliances pour gagner. Ce que la gauche sait faire depuis belle lurette, sans états d’âme, tendant la main sans en avoir honte à l’extrême gauche… Et qui lui en tient rigueur? Pourquoi donc ne pas oser et tendre la main à l’UDC sans abandonner nos valeurs? Il est certain que si le week-end dernier nous avions eu un ticket PLR-UDC, l’échec cinglant aurait changé de camp.

Michel Rossetti, ancien maire de Genève

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Coup de cœur

Genève, 10 novembre

[…] Comme de nombreux téléspectateurs, j’ai suivi avec émotion la dernière émission du plus populaire de nos musiciens, et comme tous les téléspectateurs, j’ai saisi combien cette page de variétés va nous manquer.

Autrefois Mouloudji chantait: «Tout fout l’camp.» Mais autrefois lorsqu’un ou une responsable d’un service n’avait pas de conscience professionnelle, on le virait. C’était quand même mieux avant!

Raymond Brussino

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Expérimentation animale

Veyrier, 5 novembre

Il est insupportable, pour la grande majorité d’entre nous, de voir ou de faire souffrir des êtres vivants, qu’il s’agisse d’animaux ou d’êtres humains. Pour la grande majorité d’entre nous également, tout doit être entrepris pour atténuer les souffrances, et cela de manière éthique et dans un cadre légal et contrôlé. Tel est le cas en Suisse, qui dispose de la législation la plus sévère et la plus complète du monde; elle offre ainsi des garde-fous suffisants pour rejeter l’initiative populaire 164, visant, selon ses auteurs, à un meilleur contrôle de l’expérimentation animale.

Ce non à l’initiative 164 se justifie d’autant plus qu’elle accorderait à chaque membre de la commission cantonale le droit de recourir contre toute autorisation d’expérimentation; or ce droit ne manquerait pas de paralyser toute recherche. […]

L’Académie suisse des sciences médicales rappelle à cet égard que les animaux ont droit au respect de leur dignité, ce qui exige de la part des scientifiques «le devoir de montrer la nécessité et le bien-fondé de toute expérience et de l’évaluer au moyen d’une pesée des intérêts mis en jeu».

Dès lors, sachant que nous disposons déjà, à Genève, d’une commission cantonale composée de personnalités compétentes et sensibles à la cause animale, et qu’aucun médecin ne prescrirait un médicament qui n’aurait pas fait l’objet d’une recherche préalable, on ne peut que s’opposer à une initiative qui paralyserait le monde de la recherche et réduirait de manière sensible les progrès dans le secteur de la médecine, secteur qui nous touche tous sans exception.

Sabine von der Weid

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Nouveaux logements

Plan-les-Ouates, 6 novembre

Les Genevois sont appelés à se prononcer sur l’IN 162 à la fin de ce mois, qui demande en substance que tous les nouveaux logements seront construits en zone de développement. Cela veut dit que les prix du terrain, de la construction, de la location et de la vente seront contrôlés par l’État. L’État ira même jusqu’à définir les standards de construction, la taille des appartements, le nombre de pièces (surtout des 3 et des 4 pièces!) et les taux d’efforts. En général, cela donne des constructions au rabais, sans balcon, dans lesquels sont logées les personnes avec le moins de revenus. Et cela engendre des quartiers entiers de personnes à faibles revenus, stigmatisés, critiqués ou dévalorisés.

Pour que les gens se sentent bien dans leur quartier, pour que la cohésion sociale soit la meilleure, il est indispensable que les quartiers comprennent tous les types de population. La mixité est le meilleur gage de la cohésion. Et pour de la mixité, il faut permettre de construire des logements pour tous types de personnes, ce que l’IN 162 ne permettra pas! Il faut donc refuser cette initiative!

Jacques Blondin

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