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François Hollande, le président hors du tempo de l’histoire

Soit trop tard, soit trop tôt. Mais jamais dans le rythme de l’histoire. Décidément, François Hollande est encore une fois hors jeu, à contretemps, hors-champ de la caméra. L’ex-président de la République française connaît le sport, la musique et le cinéma, mais politiquement il ne réussit pas à être pertinent et encore moins décisif au moment opportun. Il est le politique du «à côté». Sans doute est-il très malchanceux, mais on commence à croire qu’il le fait exprès.

Ainsi son livre qui vient de paraître, «Les leçons du pouvoir» (Stock), est jugé par la plupart des commentateurs avisés comme un «regard lucide sur son propre mandat». Il n’empêche que ce premier livre d’un ex-président tricolore, publié moins d’un an après la fin de son mandat, aurait dû être un événement dans la trépidante vie politique de la Ve République en ce début de millénaire. C’était compter sans le retour sur terre de son successeur jupitérien. Le tour de manège événementiel d’Emmanuel Macron, qui a offert la semaine dernière deux grandes interviews télévisées en l’espace de cinq jours pour autocélébrer sa première année à l’Élysée, a quasi éclipsé la réapparition de François Hollande dans l’espace public.

Au-delà des considérations de visibilité médiatique, l’actualité doit encore alimenter la pompe à regrets du dernier président socialiste. Par exemple, la croissance est de retour dans l’Hexagone. Même le FMI a relevé à 2,1% sa prévision de croissance économique pour la France en 2018. L’emploi aussi connaît une embellie. Les derniers chiffres indiquent le taux de chômage le plus bas depuis huit ans. En France métropolitaine, la fameuse courbe que François Hollande voulait inverser vient de passer sous la barre des 9%. Ce recul bénéficie à toutes les classes d’âge, et particulièrement aux jeunes. La dynamique économique internationale profite à la France, mais les mesures prises durant le quinquennat de François Hollande ont facilité le mouvement positif. Reste qu’il n’en sera jamais crédité.

Qui se souvient encore que, lors de l’été 2014, François Hollande voulait frapper Bachar el-Assad, coupable d’avoir franchi la ligne rouge de l’utilisation des armes chimiques contre sa population? Le président américain d’alors, Barack Obama, avait laissé le président français bien seul et dépité avec ses envies guerrières. Un moment d’humiliation est vite passé.

Quatre ans plus tard, Emmanuel Macron ignore tout du goût de ces camouflets. Dans les mêmes circonstances de crise syrienne, il apparaît comme ce chef de guerre que les Français estiment. Celui qui discute d’égal à égal avec Trump et téléphone à Poutine pour chapitrer le puissant président russe avant l’allumage des «rockets» et le décollage des Rafale.

À lire François Hollande, on comprend qu’il est persuadé que son quinquennat sera réhabilité, son bilan revu et son action politique revalorisée. Mais quand? Encore une fois, par impatience sans doute, il a péché par empressement et s’invite dans l’actualité en total décalage avec le tempo de l’époque.

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