En France, un parti unique: l’Élysée

Chronique

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«Bal (tragique?) des opposants.» Le site d’info Atlantico titre ainsi malicieusement sa chronique consacrée à «L’émission politique» de France 2 jeudi soir. En parodiant le fameux titre que «Charlie Hebdo» avait consacré à la mort du général de Gaulle en 1970 – «Bal tragique à Colombey: 1 mort» – le site Web illustre à quel point Emmanuel Macron a atomisé le vieux monde tricolore. Il est désormais l’alpha et l’oméga, le point central, le centre de gravité de toute pensée politique, voire de toute contradiction partisane. Macron, Macron, Macron à l’envi!

En effet, l’enjeu des participants à toute apparition médiatique est de s’imposer en premier opposant au président de la République en exercice. Pour Les Républicains, Laurent Wauquiez; pour La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon; pour le PS, Oliver Faure; pour le Front national, Marine Le Pen. Ils s’escriment sans succès à incarner un autre projet politique pour leur pays.

Pour ce débat sur la première année de Macron, cette brochette est complétée par Christophe Castaner, pour La République en marche (le président du parti créé pour et par Emmanuel Macron a un président), venu défendre les positions du locataire de l’Élysée et l’action du gouvernement.

La chaîne de service public réunit donc les présidents des cinq plus grands partis français pour ne parler que d’une chose: un an de macronisme. Une ambiance des grands soirs qu’on résumera par la parodie d’un autre titre: «Quatre enterrements et un mariage!» Le marié, Christophe Castaner, ne doit son bonheur actuel de se retrouver sous les feux de la rampe qu’à sa seule célérité à quitter le PS pour rejoindre Macron quand ce dernier n’était encore qu’une hypothèse, presque farfelue, à l’entame de la campagne présidentielle.

«Emmanuel Macron est désormais l’alpha et l’oméga, le point central, le centre de gravité de toute pensée politique, sinon de toute contradiction partisane»

Et pour les enterrements, l’affiche propose les quatre matamores de l’opposition, les préposés au service funèbre d’opérette, qui fustigent les «réformettes» d’Emmanuel Macron… Mais les commentaires se suivent et se ressemblent, et il est indéniable qu’aucun de ces quatre ténors ne parvient à réellement exister autrement que comme faire-valoir en creux du président.

Le cas le plus désolant étant celui du président du parti héritier du gaullisme, Les Républicains, contraint de s’opposer par pure posture à des projets que sa famille politique a portés durant des décennies mais qu’elle n’a pas eu le courage de mettre en œuvre. Refondation de l’école, révision du statut des cheminots, mutation de la politique universitaire, ouverture du monopole du rail à la concurrence, entre autres, captent l’attention de la discussion politique en France.

Et sur ces thèmes, le débat est resté bipolaire. D’un côté, le soutien béat au président magnifié pour son activisme et sa détermination. De l’autre, une opposition calamiteuse dans son argumentation et sa force de proposition. En 2017, Emmanuel Macron a fait exploser la France du bipartisme gauchedroite en une multitude de chapelles à la pertinence quasi insignifiante. De l’extrême droite à l’ultragauche en passant par les nuances entre ces deux extrêmes, on ne retient qu’une chose: leur opposition au héros du parti unique. Celui de l’Élysée. (TDG)

Créé: 18.05.2018, 13h40

Xavier Alonso, rédacteur en chef adjoint Tamedia

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