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Les forums des blogs et leurs chicanes

L’accueil de blogs sur des sites de médias, accompagnés de forums ouverts aux avis des internautes, est aussitôt apparu innovant et prometteur. Une parole libre et largement distribuée!

Le bilan après une douzaine d’années est plutôt mitigé. Le rayonnement se révèle inégal, l’ouverture exposée à des désillusions. Les forums sont trop souvent pollués par des propos de gens dont le seul plaisir est de semer la zizanie – ces mauvais petits génies qualifiés de «trolls». Ils le sont aussi par d’autres, ce sont parfois les mêmes, qui cultivent l’aigreur ou l’insulte. Observée en surplomb, une poignée, mais capable de pourrir les discussions. Et surtout de décourager des auteurs de blogs de bonne volonté. Sur les plates-formes de la «Tribune de Genève» et de «24 heures», ce sont les blogueurs qui décident des thèmes de leurs billets et de leurs contenus, ainsi que de la fréquence de leurs interventions. Ils publient sans contrôle préalable. Ils sont tenus par les deux titres pour responsables de tout ce qu’ils éditent. Responsables, les blogueurs le sont donc aussi des commentaires apportés à leurs billets par les internautes. Les journaux attendent d’eux qu’ils en assurent la modération. Cette attente constitue un contrat de confiance avec les blogueurs, propre à clarifier leurs relations. Le statut d’une plate-forme de blogs associée à un média peut être qualifié d’hybride. D’une part, la plate-forme est constituée d’un ensemble désordonné de blogs indépendants. Chacun d’eux pourrait vivre une vie autonome quelque part sur la Toile, sous la responsabilité de son seul titulaire, qui en serait alors l’éditeur.

D’autre part, cet ensemble se présente comme un agrégat offert à ses internautes par le média qui l’héberge. Qui assume alors la responsabilité en cas de propos litigieux sur un forum? L’auteur des propos et lui seul? Le titulaire du blog chargé de les modérer? L’hébergeur de la plate-forme? L’état actuel du droit et d’une jurisprudence encore peu développée n’offre pas un terrain très stable. Les précautions prises et proclamées par les journaux sur leurs sites ne sont pas reconnues comme une décharge de responsabilité.

La Suisse ne connaît toujours pas de législation propre à la communication sur l’internet. Pour l’instant, les tribunaux procèdent plutôt par analogie avec les dispositions légales appliquées aux médias traditionnels. L’attribution des responsabilités aux nouveaux acteurs de la communication reste mal définie. Et notamment celles des intermédiaires, qui justement intéressent ici. Les médias en sont donc réduits à un certain pragmatisme. En cas de débordements, de propos insultants ou racistes le plus souvent, le blogueur de la plate-forme concerné est prié par le média de supprimer les commentaires litigieux portés à sa connaissance. Il est rendu attentif à sa propre responsabilité en regard de la loi et aux dommages qu’il peut causer à son hôte médiatique.

Si un blogueur n’obtempère pas, s’il se montre négligent, témoigne d’un laxisme évident ou d’un goût délibéré pour la provocation, il rompt le contrat de confiance passé avec le média qui l’héberge. La mesure la plus efficace, bien que désagréable, est alors d’agir sur la diffusion du blog. Cela arrive parfois, et c’est toujours dommage.

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