Passer au contenu principal

Pourquoi et comment Fillon peut revenir

A onze jours du premier tour, le camp de François Fillon veut encore y croire. Certains sondages (Ifop pour Paris Match) créditent d’ailleurs le candidat des Républicains d’une légère embellie. Il pointe désormais à 19%, et surtout à 3 points d’Emmanuel Macron. Dans le contexte d’incertitude actuel, une qualification pour le deuxième tour face à Marine Le Pen est encore possible.

«Donner sa préférence au téléphone est une chose, choisir son président dans l’isoloir en est une autre», pense Vincent Chriqui. Avant le sprint final, le nouveau directeur de campagne de François Fillon réunit les journalistes pour des déjeuners où il détaille les batailles à mener pour que la remontée s’accomplisse. L’homme, un fidèle parmi les fidèles, explique ainsi avec la foi du charbonnier que les personnes qui composent le noyau dur autour de François Fillon y croient. Il y aurait chez eux «une forme de résilience», puisque les sondages en berne, les éliminations programmées et les campagnes prétendument perdues d’avance, ils les ont déjà traversés lors de la primaire de la droite et du centre.

Les Français veulent une vraie alternance. Ils cherchent un homme doté d’une stature présidentielle. Et enfin, ils demandent un vrai projet pour redresser la France. Ces trois critères sont ceux qui guideront les électeurs au moment de faire leur choix. De plus, s’il n’est pas ou plus le candidat le plus sympathique, c’est un homme capable de tenir la barre de l’Etat dans une situation internationale de plus en plus crispée, ce que cherchent les Français, insiste Vincent Chriqui. Cet argument tient maintenant de réponse au doute sur les affaires qui entachent la probité de François Fillon. Désormais mis en examen mais, rappelons-le, toujours au bénéfice de la présomption d’innocence.

L’espoir est que, grosso modo, ces 10% d’électeurs qui sont partis pourraient revenir vers François Fillon au moment crucial.

Ce scénario d’un retour de François Fillon dans le ticket final, s’il n’apparaît pas le plus probable, reste néanmoins crédible. Quand bien même les sondages avaient commencé à montrer la fulgurante ascension de François Fillon trois semaines avant le premier tour de la primaire. Pour l’instant, on n’y est pas… Ce d’autant que la légère embellie n’est pas validé par toutes les enquêtes d’opinion.

Mais le plus important dans le raisonnement des fidèles parmi les fidèles, c’est leur foi en un vote de raison du peuple de droite. L’espoir est que, grosso modo, ces 10% d’électeurs qui sont partis pourraient revenir vers François Fillon au moment crucial du vote. C’est à eux que le candidat s’adresse quand il dit: «Je ne vous demande pas de m’aimer!»

Les équipes de Fillon font donc tout pour faire passer ce message du moindre mal – «c’est moi ou le chaos», entend-on très fort à droite. Le Figaro s’y connaît pour mobiliser en brandissant l’épouvantail d’un Mélenchon en mélange de Lénine, Castro et Chávez. Rien que ça… Et sur le terrain, la campagne des législatives a déjà démarré, avec tous les candidats des Républicains qui, circonscription par circonscription, prêchent la bonne parole. Surtout la leur, sachant que leur élection dépend en grande partie de la victoire de François Fillon. L’appareil du parti Les Républicains aussi joue un rôle majeur. Et il est le plus puissant et le plus structuré, avec ses milliers de militants aguerris aux campagnes électorales, avec un ancrage local. Autant de qualités organisationnelles auxquelles les équipes d’Emmanuel Macron ne peuvent opposer que leur enthousiasme de néophytes. Tout reste donc possible. Et le retournement, s’il paraît difficile, n’est pas impossible.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.