Pour ou contre des Fêtes de Genève relancées par la Ville?

Face-à-faceLa médiatisation d’un projet de nouveau concept pour les Fêtes de Genève, financé par Genève Tourisme, relance le débat sur le renouvellement de l’événement estival et le rôle de la Ville de Genève dans son organisation.

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La Ville doit financer les Fêtes

Par Frédéric Hohl, député PLR

Dans pratiquement toutes les villes du monde, les fêtes populaires sont payées par les municipalités, sauf à Genève, où la ville ne donne pas un franc aux Fêtes de Genève, mais met quatre millions pour trois jours de Fête de la musique, cherchez l’erreur! Il est toujours utile de rappeler que le feu d’artifice n’est pas payé par les impôts mais par les taxes de séjour des touristes.

Il y a un élément essentiel qu’il ne faut pas oublier: la popularité des Fêtes de Genève. Force est de constater qu’année après année, le programme artistique et d’animation se réduit comme peau de chagrin et malgré le manque d’originalité et l’absence d’ambition culturelle, le public est présent et heureux de se retrouver autour du lac.

Attention, l’exercice comptable à ses limites. Si une fête populaire gratuite pouvait ne rien coûter, cela se saurait. En voulant équilibrer ses comptes, l’organisateur a transformé les Fêtes en une véritable coquille vide. Depuis des années, la ville subit les Fêtes alors qu’elle devrait en être le partenaire, il fallait donc qu’elle trouve un moyen pour définitivement décrédibiliser ses actuels organisateurs.

La Ville doit établir un cahier des charges accompagné d’une subvention municipale

En lisant le Matin Dimanche du 30 août, Sami Kanaan, le magistrat en charge de la culture municipale, dévoile dans un style moqueur les idées «secrètes» de Genève Tourisme. Dans les premières lignes de l’article, on assiste à un enterrement de première classe, je cite «… le raout estival n’est pas exempt de propositions loufoques, voire irréalistes».

Soyons clairs, la Ville souhaite la mort définitive des Fêtes de Genève actuelles. Alors pourquoi Genève Tourisme met-il la charrue avant les bœufs en proposant un nouveau concept sans connaître les règles de la Ville? La Ville, qui appelle de ses vœux un changement doit être cohérente et doit organiser un appel d’offres et établir un cahier des charges avec ses attentes culturelles, économiques et sociales, accompagné d’une subvention municipale. Elle peut également aborder les mécanismes de partenariat public-privé en exigeant que l’organisateur attribue en argent la même somme que la subvention de la ville.

Il ne faut pas céder au chant des sirènes de Jean Barth qui veut revenir à l’époque de Calvin en supprimant les Fêtes et la Lake Parade qui ravit les jeunes de 15 à 25 ans, trop souvent oubliés par nos «vieux» politiciens. Ou pire encore, constituer des associations d’habitants en les transformant en organisateurs!


Renonçons à l’événementiel!

Par Sylvain Thévoz, conseiller municipal socialiste

Bien qu’elles se terminent chaque année par un joli feu d’artifice, force est de constater que les Fêtes de Genève sont aujourd’hui un bric-à-brac d’animations coûteuses, une sorte de fête foraine dépassée. Les habitants, sous leurs fenêtres ou ailleurs, n’en veulent plus.

L’initiative populaire lancée pour des Fêtes plus courtes et plus conviviales enfonce le clou. Les bastringues d’un mois pour vendre de l’alcool ne font plus rêver. Faut-il faire confiance à Frédéric Hohl pour trouver une solution? Non. L’ancien directeur PLR des Fêtes de Genève les a conduites dans une impasse commerciale et culturelle.

Il faut donc réfléchir autrement qu’avec une ancienne logique. Tout d’abord, se poser la question de la raison d’être de ces fêtes, ainsi que de leur véritable nécessité. Qui les finance pour l’instant? Genève Tourisme. Pour quel public? Des touristes fortunés. Avec quel groupe d’intérêt? Les hôtels luxueux de la rade. Cette équipe n’est pas gagnante. Les habitants héritent des nuisances et de la poudre aux yeux.

Genève n’a pas à investir pour sauver des fêtes qui ne font plus rêver

Pourtant, ce ne sont pas les propositions culturelles estivales qui manquent à Genève. Elles sont de qualité et… gratuites. Musiques en été, concerts sur la scène Ella Fitzgerald, aubes musicales aux Bains des Pâquis, films en plein air à Ciné transat, théâtre estival de l’Orangerie, grillades et animations dans les parcs et au quai Gustave Ador. Pas un soir sans qu’il ne se passe quelque chose dans notre ville. D’autres communes aussi font la fête (Festival Plein-les-Watts, Jazz à Hermance, etc.,). Et pour les aventuriers qui pensent plus loin que le bout de la rade, le Paléo Festival est à 15 minutes; le Festival de la Cité de Lausanne, tout comme le Montreux Jazz Festival, à une heure.

Face à ce constat, il me semble important de poser la question suivante: pourquoi ne pas renforcer l’existant, tout en développant des événements décentrés dans des quartiers, notamment sur la rive droite, trop souvent oubliée?

Genève n’a pas à investir pour sauver des fêtes qui ne font plus rêver. Plutôt que de frimer pour une clientèle de passage, il est plus important d’investir dans la construction du théâtre de la Nouvelle Comédie sur la gare du CEVA, pour la rénovation extension du Musée d’art et d’histoire, le Pavillon de la Danse. Faisons aboutir ces projets vitaux pour les générations futures, plutôt que de servir des caïpirinhas à foison.

Genève en fête, c’est toute l’année, pas juste un mois l’été avec une gueule de bois en ensuite. Nos valeurs de diversité seront mieux défendues et Genève adéquatement mise en valeur si nous renonçons à l’événementiel racoleur au profit du renforcement du tissu culturel existant.

Créé: 08.09.2015, 09h46

Frédéric Hohl, député PLR (Image: Michel Perret)

Sylvain Thévoz, conseiller municipal socialiste (Image: Patrick Gilliéron-Lopreno)

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