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En fâchant ses propres candidats, le PDC risque gros

Patrick Monay commente la récente campagne en ligne du parti centriste, qui critique les autres partis.

Ainsi donc, à l’approche des élections fédérales, le gentil Parti démocrate-chrétien s’est transformé en grand méchant loup. Il pourchasse ses adversaires sur internet, usurpe leur identité numérique, dénigre leurs idées et impose aux honnêtes citoyens la lecture de son propre programme politique. Du PS à l’UDC, on dénonce à l’unisson la campagne en ligne lancée cette semaine: «méthodes agressives», «attaques personnelles déplacées», «alliances bafouées», etc.

Pourtant, les malheureuses victimes du PDC font des jaloux. En effet, en clamant leur indignation sur les réseaux sociaux et dans les médias, les cibles de cette opération de choc profitent d’une visibilité bienvenue et voient leur capital sympathie augmenter. C’est ce que laisse entendre sur Twitter, avec une délicieuse ironie, un Vaudois du nom de Patrick Koppenburg: «Cher PDC, nous avons sept candidats Vert’libéraux de La Côte. Vous pouvez aussi leur faire de la pub, s.v.p.?»

Ce monsieur a raison. Quand on se bat avec peu de moyens pour exister au milieu de centaines de prétendants à une élection, un tel coup de projecteur est du pain bénit. Surtout quand on n’a rien demandé et que c’est gracieusement offert par un parti gouvernemental…

Sur le fond, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Ni même crier au loup. Certes, le procédé paraît discutable, et surtout inhabituel en Suisse, puisqu’il implique une tromperie: la personne qui cherche des informations sur le candidat X du parti Y tombe sur la prose du PDC. Mais à bien y regarder, ces pages d’annonce sur la Toile ne contiennent aucune critique scabreuse. Elles se bornent à comparer les positions du PDC et celles des autres partis sur les grands thèmes du moment, en affirmant que les premières sont bien meilleures. Rien de plus que ce qui se dit dans tous les débats contradictoires à propos de la défense du climat ou de l’avenir des retraites.

En fait, ce qui frappe dans cette affaire, c’est la réaction courroucée de nombreux candidats PDC. Ils se répandent en excuses, se désolidarisent de leur comité national et jurent qu’ils n’y sont pour rien. Vraiment? Est-ce à dire qu’ils découvrent la chose en même temps que tous les internautes, eux qui sont au front depuis des mois? On a de la peine à y croire. Mais, si c’est le cas, cela traduit une communication désastreuse à l’interne, du bureau central aux sections locales. À titre de comparaison, jamais un candidat UDC ne critiquerait publiquement les affiches dessinées par la direction du parti.

«Les troupes du président Pfister donnent l’image d’une formation divisée»

Cet amateurisme cadre mal avec les ambitions du PDC, qui veut à tout prix rester la quatrième force politique du pays. À un mois de l’échéance fatidique, le président Gerhard Pfister rêve de mobiliser et de dynamiser son parti pour résister aux assauts des Verts. Ses troupes donnent au contraire l’image d’une formation divisée, mal dirigée, qui se contredit et s’entre-déchire. Pis: un parti qui n’assume pas ce qu’il entreprend. Le risque d’autogoal est donc maximal.

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