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Eviter la politique de l'arrosoir

Gy, 25 mars

Les annonces de plans financiers se succèdent pour venir en aide aux entreprises touchées par la crise économique actuelle. En quelques jours seulement, l’aide de la Confédération est passée de 10 à 42 milliards de francs. Et cela va encore augmenter.

Il est presque touchant de voir les ultralibéraux, pourfendeurs de l’État social, venir verser des larmes de crocodiles devant le Conseil fédéral pour obtenir un maximum d’argent pour «sauver l’économie». S’il est dans l’intérêt du pays de soutenir l’activité économique en temps de crise, il faut absolument éviter la «politique de l’arrosoir» qui consisterait à déverser des flots d’argent sur toutes les entreprises, sans discernement.

Les organisations patronales se bousculent au portillon, pratiquant une surenchère de prévisions catastrophiques pour mieux traire la vache à lait fédérale. Ne répétons pas le scénario de la précédente crise économique mondiale de 2008 où des grandes entreprises, réalisant des bénéfices records d’année en année, ont obtenu des aides aux montants astronomiques, sous prétexte qu’elles avaient un «rôle systémique», creusant des dettes publiques abyssales. Dettes qui rendent plus difficile l’intervention des États dans la crise actuelle.

Ne donnons pas un sou aux multinationales, avides de rabais fiscaux; les échanges commerciaux internationaux favorisent les pandémies! Il s’agit de fixer, de manière transparente, des critères précis pour l’octroi d’aides ciblées aux entreprises qui en ont vraiment besoin, comme on le fait pour la moindre aide sociale. Par exemple, venir en aide aux entreprises n’ayant pas réalisé de bénéfices pendant les deux dernières années (les autres doivent puiser dans leurs réserves); uniquement à celles qui respectent le droit du travail; redoubler d’effort pour soutenir les petites PME qui sont actives dans l’économie locale durable.

Il faut aussi interdire aux entreprises aidées de faire des licenciements économiques pendant au moins deux ans. Et gare aux faillites frauduleuses qui risquent de se multiplier. Donnons-nous les moyens de contrôler le respect de ces critères, car les entreprises profitent trop souvent du laxisme de l’État dans notre pays libéral. L’aide ne doit pas engraisser des patrons profiteurs, mais permettre avant tout d’assurer le revenu des travailleurs, surtout les plus précaires.

Aymon Othenin-Girard

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