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En Europe, le référendum est trop souvent dévoyé

Déterminer la volonté de la majorité est en théorie une bonne idée. Lorsqu’une famille planifie ses vacances d’été, il peut être bon d’écouter tous les membres avant de choisir la destination du voyage. Mais que faire si les enfants préfèrent aller à Disneyland plutôt que de faire des randonnées en Champagne, ou bien s’ils préfèrent aller à la plage à Rimini plutôt que visiter les musées de Florence? Dans ces conditions, les parents choisissent souvent de ne pas poser la question.

La même chose se passait jusqu’à présent en Europe avec la démocratie directe. La peur des dirigeants d’obtenir des résultats imprévisibles lors des référendums était si grande, en particulier sur des sujets complexes de politique extérieure, qu’ils ne préféraient pas s’engager volontairement sur ce type de voies hasardeuses.

Comme le gouvernement fédéral de Berlin craint la voix du citoyen majeur, il ne lui demande pas son avis avant de voter des programmes d’aide à la Grèce ou d’ouvrir les frontières aux réfugiés en raison des images négatives venant de Hongrie. Cette attitude dénote une méfiance vis-à-vis du peuple auquel il n’attribue encore aucune maturité démocratique, même après deux guerres mondiales barbares. La facture à payer pour cette façon de gouverner contre la volonté de la majorité sur des questions de politique européenne est l’essor fulgurant du parti eurosceptique «Alternative für Deutschland».

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