L’épouvantail de la dette revient. Sortons des slogans

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La dette est de retour. De retour au parlement s’entend, puisque Genève vit avec une dette importante depuis vingt-cinq ans. Elle a doublé en effet entre 1990 et 1996, puis augmenté jusqu’au pic de 2006 où elle culminait à 13,2 milliards. Presque dix ans plus tard, elle affleure à nouveau ce montant. Ce n’est pas brillant, mais on a vu pire, puisqu’en 1996, le revenu annuel du ménage cantonal représentait un peu plus d’un tiers de la dette (37%), contre un peu plus des deux tiers aujourd’hui. Le problème actuel ne porte donc pas tant sur le niveau de la dette que sur l’essoufflement de la méthode choisie pour la contenir.

Résumons. Depuis 2005, Genève s’est attachée à stabiliser sa dette en attendant que la hausse de ses revenus la diminue en proportion. Cette politique prudente résulte des objectifs contradictoires fixés par le parlement, le Conseil d’Etat et le peuple qui ont voulu répondre aux nouveaux besoins en engageant de nouveaux collaborateurs (sécurité, justice enseignement), reprendre les investissements bloqués par la crise des années 90 (transports, santé, prisons), rendre du pouvoir d’achat aux ménages (baisse d’impôts), préserver enfin en gros les mécanismes salariaux des fonctionnaires. Cette politique était rendue possible par les augmentations de revenus importantes de ces dernières années (+2,5% en moyenne), par une progression moindre des charges (1,5%, un pourcentage en moyenne deux fois plus bas que celui du vertueux canton de Vaud) et des taux d’intérêt au plancher. Problème, vu les conséquences de la fin du taux plancher, vu l’unification à la baisse de l’imposition des entreprises en 2019, vu la probable remontée des taux, ce modèle a vécu.

Que faire alors? Le PLR propose de bloquer les dépenses au niveau de l’inflation. Concrètement, ce blocage obligerait l’Etat à économiser 160 millions par an, soit l’augmentation moyenne de ses charges. Possible? Pas vraiment, d’autant que tout ne manquerait pas d’être contesté en votation populaire. La seule possibilité, qui serait également combattue en votation, mais qui serait au moins équitable, serait de combiner des hausses d’impôts et des diminutions de dépenses. Et ces mesures seraient déjà douloureuses puisqu’elles imposeraient par exemple de mettre fin aux niches fiscales, de réévaluer la valeur fiscale des immeubles bloqués depuis des décennies, de rééchelonner les investissements, d’étaler la baisse d’impôt pour les entreprises, mais aussi par exemple d’augmenter la moyenne des élèves par classe, mettre en cause tel ou tel mécanisme salarial ou bloquer durablement les subventions. Bonne chance.

Créé: 11.06.2015, 19h11

Marc Bretton, journaliste pour la rubrique locale.

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