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Emmanuel Macron n’a plus de limites

Cela pourrait être une série TV à succès. «Le vertueux M. Macron». La saison 1 s’est terminée dimanche dernier 18 juin avec l’épilogue annoncé, mais néanmoins surprenant: une large victoire aux législatives. En une année, un jeune politicien ambitieux a réalisé ce que tous pensaient impossible. Devenir président et disposer au parlement de l’une des plus fortes majorités jamais acquises par un chef de l’Etat sous la Ve République. Une armée de nouveaux venus, dont la principale qualité est d’être étiqueté Macron, font leurs premiers pas en politique en entrant directement à l’Assemblée nationale. C’est très fort! C’est à l’aune de la trajectoire d’Emmanuel Macron qui, pour une première élection, s’est offert l’Elysée.

Sur les bas-côtés de cette intrigue principale gisent les nombreuses victimes de l’incroyable scénario. Toute une génération de politiciens français, de François Hollande à Nicolas Sarkozy en passant par Alain Juppé et François Fillon, victimes du «dégagisme». Les partis politiques eux-mêmes finissant cette saison 1 presque tous décimés, chacun se demandant quelle sera la nature et la pertinence de l’opposition au tout-puissant président Macron.

C’est ainsi que commence la saison 2 du «Vertueux M. Macron». Il remanie un gouvernement et en éloigne les élus MoDem qui d’une part sont en délicatesse avec la justice, et d’autre part sont devenus inutiles. En effet, Emmanuel Macron dispose désormais non seulement d’un législatif à sa main, mais aussi d’une légitimité beaucoup plus forte que tous ces adversaires qui sortent de la présidentielle fortement décrédibilisés.

Vertige pour ceux qui craignent qu’il s’enivre de ses pleins pouvoirs. Mais, il est important de le souligner, ce sont les mêmes attributions dont ont disposé ses prédécesseurs. François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac n’en avaient pas moins. Alors on ne peut que sourire face à la monstrueuse mauvaise foi de ses adversaires. On peut naturellement regretter le système électoral sans la moindre dose proportionnelle, mais la classe politique ne peut pas jouer la surprise. Et surtout le PS et les Républicains, qui n’ont rien fait pour changer les choses quand ils le pouvaient.

Le pompon revient à nouveau au leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui, à l’assemblée, moque l’inexpérience des élus de La République en marche! mais proposait durant la présidentielle de tirer au sort les membres de la future assemblée constituante. Si vous y voyez une contradiction, c’est que vous êtes totalement sous l’emprise d’Emmanuel Macron.

C’est l’un des effets du «vertueux M. Macron». Il a totalement bipolarisé le débat politique en France. On ne peut être que pour ou contre, au-delà de toute nuance. Et lui est prié ainsi de tout réussir, sans quoi il ne sera rien. A ceux qui ont passablement raté de choses ces trois dernières décennies et qui s’inquiètent encore une fois de la toute-puissance du président Macron, on ne peut leur donner totalement tort: les instruments de contre-pouvoir à l’Exécutif ne sont pas suffisamment forts. Mais ce constat est connu depuis des décennies. La nouveauté est que les opposants politiques sont laminés. Ne reste à la France que d’espérer que le «vertueux M. Macron» le soit réellement et ne révèle pas de vice caché. C’est-à-dire qu’il ne fasse rien de l’incroyable étendue du pouvoir d’un président français et qu’il ne mette pas en œuvre ses promesses de campagne. Pour le moment, ce qui effraie ses adversaires, c’est qu’il ne fait ni plus ni moins que ce qu’il a annoncé. Mais effectivement, la seule limite à Emmanuel Macron, c’est lui-même.

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