L’Économie sociale et solidaire (ESS) et Davos

Chronique

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Dans le monde de l’Économie sociale et solidaire (ESS) coexistent deux tendances complémentaires. Il y a ceux qui, attachés à l’origine associative et aux buts idéaux des fondateurs, souhaitent avant tout développer et garder intact un modèle qui a démontré depuis 20 ans qu’il fonctionne, puisqu’il représente environ 10% de l’économie genevoise. Si près d’un tiers de ce secteur est subventionné, c’est qu’il remplit des tâches d’intérêt public où il n’est pas possible d’être concurrentiel.

Les autres, dont je fais partie, estiment qu’il faut aussi chercher à attirer la «grande» économie vers plus de responsabilité symbolisée par l’acronyme ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance). Ce qui se passe actuellement dans le monde semble indiquer qu’on suit plutôt cette voie. Mais attention, elle est souvent glissante car généreusement «greenwashée».

S’il est de bon ton de se gausser de Davos et de son ballet de célébrités héliportées, on doit cependant noter qu’on n’y a jamais autant parlé de durabilité. La ligne de front se trouve là où une communication habile s’arrête pour laisser la place aux véritables efforts réalisés par les entreprises. On peut citer la campagne de communication de Easyjet à fin 2019, de mesures symboliques comme les pailles biodégradables à la cantine, mais aussi parfois d’une remise en question plus profonde des modes de production.

Danone, P&G ont fait des annonces intéressantes. Même BlackRock, le plus grand des fonds d’investissement semble bouger un peu. Quand un monstre bouge un peu, l’effet de levier peut être énorme. La Norvège est tiraillée entre son fonds souverain issu du pétrole et du gaz et ses ambitions environnementales. A Genève, la finance durable cherche son deuxième souffle tandis qu’à Lausanne, E4S, une structure commune à l’EPFL, IMD et l’Unil va lancer une nouvelle formation en management centrée sur la durabilité et les technologies.

Certains grands dirigeants admettent enfin qu’il faudra bien réintroduire dans le système économique les externalités négatives (coûts environnementaux, atteintes aux stocks de matières non renouvelables) qui restaient ignorées jusqu’à ce que Dame Nature nous les revoie en pleine figure sous la forme d’événements climatiques spectaculaires ou de manifestations juvéniles.

On aurait tort d’ignorer ces signaux. La petite Économie sociale et solidaire l’avait compris et anticipé il y a des dizaines d’années. Il faut remettre l’humain au centre de l’économie. J’ai failli écrire l’homme… Probablement parce que l’auteur est un mâle, blanc, quinquagénaire et hétérosexuel. Mea (presque) culpa.

Créé: 05.02.2020, 11h48

Rolin Wavre, membre du comité d’APRES-GE, député

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