Le désespoir des peuples

Lettre du jour

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Genève, 24 octobre

Dans le flot d’images arrivées du Chili, qui disent la barbarie militaro-policière que le pouvoir oppose à la clameur populaire, il en est deux qui, juxtaposées, font froid dans le dos.

L’une montre Pinochet signant un décret répressif en 1973; l’autre, le président Piñera signant avec la même application un décret (identique?) après avoir affirmé que son pays était en guerre. Même attitude figée, même posture glacée, mêmes courtisans militaires inexpressifs, chamarrés à l’époque de Pinochet, en battle-dress autour de Piñera. Quarante-six ans après. Comme si tout recommençait.

Le Chili est un pays pacifique. Son peuple n’aspire qu’à la justice sociale et à une équité économique qui lui permette de partager la richesse et les extraordinaires potentiels de son territoire.

À l’instar de ceux de Beyrouth, de Quito, de Bagdad ou de la France des «gilets jaunes», ce peuple est au désespoir. Désespoir devant des inégalités chaque jour aggravées, où la croissance des fortunes de quelques-uns est proportionnelle à l’appauvrissement de la grande majorité. Désespoir. Jusqu’à ce que ne reste que la force de la rage.

Au Chili, la Constitution inique de Pinochet n’a jamais été abrogée! Depuis 1990, les gouvernements n’ont fait montre que d’une seule aptitude: mettre leur pays à l’encan. Les services sociaux de base, santé, éducation, énergie, infrastructures, sont aux mains rapaces d’entreprises ou de fonds privés étrangers, les ressources naturelles en celles de prédateurs multinationaux: cuivre, bois, pêche industrielle, surexploitation des terres agricoles, destruction des forêts primaires.

Les peuples autochtones – ceux qui n’ont pas été massacrés jusqu’au dernier – doivent lutter pied à pied pour préserver les rares terres ancestrales non encore volées. Les élevages de saumons de Patagonie tuent la mer australe. Les maxiplantations d’avocats assèchent des vallées entières, réduites à de stériles savanes.

La litanie des plaies de ce pays martyrisé est sans fin… Le Chili a besoin du soutien de tous les citoyens du monde épris de justice et de liberté! Il est urgent que, dans l’Europe entière, les électeurs fassent pression pour que la communauté internationale se désolidarise de la cryptodictature chilienne!

Un début ne serait-il pas de boycotter la réunion de la COP 25 prévue à Santiago du 2 au 13 décembre?

Bernard Zumthor

La paix des morts

Genève, 23 octobre

Je suis un peu sidérée d’apprendre que notre Ville organise un grand raout socioculturel au cimetière des Rois. Ce qu’on appelle chez nous «la paix des morts» va en prendre un coup. Si vraiment il faut se distraire à tout prix, s’ouvrir aux rites d’autres cultures «en direct», l’esplanade du Musée d’ethnographie ne serait-elle pas mieux adaptée à ce genre de fiesta? Je suis fâchée, vous l’avez compris.

Josette Rouiller


Suisse sans armée

Ferney-Voltaire (F), 21 octobre

Il y a trente ans déjà, nous militions pour cette noble cause. Trente ans plus tard, le cancer de la vache sacrée est toujours actif avec ses dépenses ahurissantes, ses industries de matériel militaire en mal de clientèle.

Le peuple veut une défense armée, il nous faut donc une industrie indigène d’armement, mais cette industrie ne peut survivre avec les seuls besoins nationaux. Il faut vendre un peu de mort à gauche et à droite. L’équation économique est incontournable.

Il faudra évidemment voter contre l’exportation d’armes, mais il y aura toujours des dérapages tant que la bête ne sera pas définitivement morte.

Dr Jean-Pierre Wenger


«Dîner de cons»

Genève, 23 octobre

Réaliser qu’on a été berné comme le personnage du dîner. Voilà bien la sensation qui doit assaillir toutes celles et tous ceux qui ont voté pour Mme Haller au Conseil national.

En effet, celle-ci a soudainement décidé qu’elle n’irait pas siéger à Berne, «préférant se concentrer sur les dossiers genevois au Grand Conseil» (sic!). Confondant de mauvaise foi, son parti, SolidaritéS, explique que le deuxième sur leur liste, M. Burgenmeister, laisse généreusement sa place à Mme Precioso, «parce que les électeurs et électrices ont fait le choix d’une femme» (resic!).

Toutes ces explications fumeuses de bonne conscience dévoyée ne doivent pas faire oublier que les Genevois et les Genevoises se sont fait avoir par un parti qui a privilégié ses propres calculs d’épicier dans le but de prendre un siège au PS. En participant à ce déni démocratique aux dépens des citoyens, Madame Haller déçoit. […]

Patricia Richard


Bains glissants

Carouge, 18 octobre

Je me suis rendue aux Bains Bleus cette semaine. Il s’agit d’un lieu magnifique, qu’il s’agisse de la piscine en extérieur ou en intérieur, ou encore du parcours hammam. Cet établissement se compose de trois niveaux. Ils sont reliés par deux escaliers.

J’ai été très surprise de voir trois femmes monter les marches d’escalier glissantes avec chacune un enfant d’environ 4 ans dans les bras. En fait, il s’agissait d’enfants handicapés qui ne pouvaient pas marcher. Renseignements pris auprès de l’établissement, il ne dispose d’aucun ascenseur ni d’aucune facilité pour les personnes handicapées ou à mobilité réduite […]

Je me pose la question suivante: ce superbe endroit ne pourrait-il pas trouver une solution afin que ces personnes puissent en profiter sans risquer de se casser la figure dans les escaliers avec un enfant dans les bras?

Stéphanie Güttly


Séjour aux HUG

Vernier, 21 octobre

Lors de mon hospitalisation récente pour une intervention chirurgicale au niveau des vertèbres lombaires, j’ai été pris en charge par les docteurs Insa Janssen et Gianpolo Jannelli. Ensuite par une formidable équipe d’infirmières, infirmiers et aides-infirmières, mais je ne peux pas tous les nommer. Il y a eu Samira, qui m’a suivi toute la première nuit avec douceur et attention. Puis il y a eu surtout Rita et Julie, qui chaque jour m’ont apporté leurs compétences, leurs sourires et leur bienveillance. Bref, de vrais petits anges gardiens que je ne suis pas près d’oublier. Alors de tout mon cœur, je vous dis un grand merci! Vous êtes de belles personnes.

Yves Baud


Ponctualité et TPG

Genève, 17 octobre

Les Transports publics genevois (TPG) ont pris connaissance avec attention du courrier de lecteur très critique à leur égard publié le 14 octobre 2019. Ils tiennent à rappeler avant toute chose qu’ils se font un devoir de traiter avec le plus grand soin toutes les doléances formulées à leur encontre. Ainsi, ils ont répondu l’an dernier à environ 4000 réclamations, ce qui correspond à une moyenne de 20 réclamations par million de voyageurs.

À ce propos, les TPG confirment que la «ponctualité» figure parmi les principaux thèmes discutés. Sur ce point, ils travaillent constamment au respect des temps de parcours et à leur adaptation régulière. Ils rappellent toutefois qu’ils restent tributaires des conditions de trafic. Enfin, ils tiennent à signaler qu’une nouvelle application TPG est en cours de réalisation. Elle permettra prochainement la recherche d’itinéraires en temps réel sur l’ensemble du réseau des TPG.

François Mutter, porte-parole des TPG


Le chien mon ami

Genève, 14 octobre

Nous aimons tous nos animaux de compagnie. Le revers de la médaille, c’est de gérer la déferlante de toutous dans nos parcs publics ou ailleurs, sachant qu’une partie non négligeable est de provenance douteuse, et tout ce que cela implique au point de vue sanitaire. Quelle absurdité d’abolir une symbolique redevance annuelle, ne serait-ce que par respect envers la voirie pour le nettoyage après leur passage n’importe où. Une médaille et un émolument annuel doivent être rétablis et pourquoi pas gérés par nos sympathiques polices municipales, présentes dans nos parcs publics. Une vraie statistique et un contrôle seraient plus justes qu’aujourd’hui. Quant aux propriétaires de chiens, il semble malheureusement que paraître au bout d’une laisse soit plus convenant que l’éducation de son ami et le respect de son environnement naturel.

Raymond Demierre

Écrivez-nous à courrier@tdg.ch, Tribune de Genève, courrier des lecteurs, case postale 5155, 1211 Genève 11.

Créé: 24.10.2019, 19h27

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