Le «bien commun» est de retour

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Dans la tradition de la pensée sociale chrétienne, et plus particulièrement catholique, la notion de «bien commun» occupe une place de choix. Que l'on l'aborde sous l’angle du «bien» ou sous celui du «commun», les références remplissent des bibliothèques et des pages de références dans les livres savants. Plus précisément, cette idée désigne la plénitude et ainsi préfigure l’aboutissement eschatologique de l'histoire humaine. Si le «bien commun» a été ciselé, dans sa théorie, par des générations de théologiens et de philosophes, il incombe aux contemporains, à chaque moment de l’histoire, de trouver des réponses pratiques quant à sa mise en œuvre. Les principes de la pensée sociale chrétienne devraient aiguiller les acteurs dans ce sens. L’enjeu est donc aussi pour notre temps, à la différence près que la laïcisation a effacé de l’esprit moderne le souvenir des connotations théologiques du bien commun.

«Depuis la crise de 2007, la confiance serait aussi, selon certains, un «bien commun»

Paradoxalement cette situation, – que certains déplorent en regrettant les temps anciens et donc meilleurs par définition –, facilite le retour du «bien commun» dans le débat public en offrant des opportunités nouvelles. D’abord pour une raison purement sémantique: le principe sonne bien. Qui oserait en effet s’opposer frontalement à une notion aussi rassembleuse?

Ainsi, moins chargé, le «bien commun» exprime tout de même une incomplétude, une aspiration au dépassement de l’acquis. Il y a donc des économistes et politiciens – notamment en France - qui l’ont compris, et l'idée reprend du service parce qu’elle garde une force évocatrice, tout en restant ambigu.

Une notion plurielle

Le retour du «bien commun» s’opère aussi par l’intermédiaire des «biens communs» - au pluriel. En effet, depuis deux ou trois décennies il y a une prise de conscience de leur existence comme l’eau, le climat, l’environnement ou tout simplement la terre – notre maison commune - qui échappent à l’appropriation classique et donc se trouvent en dehors de portée du paradigme marchand classique.

Depuis la crise de 2007, la confiance serait aussi, selon certains, un «bien commun». La reconnaissance des limites de nos solutions pratiques ouvre une brèche dans laquelle se glisse le débat sur les finalités et, donc aussi sur la finalité de la vie en société. Or c’est bien dans l’ordre des finalités que réside la richesse mobilisatrice du bien commun. Aujourd’hui comme hier. (TDG)

Créé: 09.10.2017, 15h51

Paul H. Dembinski, directeur de l'Observatoire de la Finance

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