Comment combattre les îlots de chaleur

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Dans la «Tribune» du 31 juillet, Olivier Gurtner * a sonné la charge contre les aménagements extérieurs réalisés en Ville de Genève menés par le département que je dirige. Je souhaite rappeler que la lutte contre le réchauffement climatique est bien plus complexe que ce qui transparaît de son courrier.

En premier lieu, les causes du réchauffement climatique sont multiples. Parmi celles-ci l’utilisation des énergies non renouvelables pour le chauffage et le refroidissement des bâtiments ainsi que pour les transports en est une des principales. Les réponses à apporter à ce phénomène sont elles aussi multiples et doivent être appréhendées de manière globale pour agir sur la ville dans son ensemble.

D’une part, les études d’aménagements de la couronne urbaine que les services du département des constructions mènent depuis dix ans prennent en considération l’ensemble des facteurs nécessaires à assurer le bien-être de nos concitoyens.

À ce titre, une attention toute particulière est accordée à la végétalisation des nouveaux quartiers qui prévoient des espaces extérieurs généreux et accessibles aux habitants. La vision générale est consignée dans une charte des aménagements extérieurs qui décrit, pour chaque quartier, les principes applicables à ces espaces. La végétalisation des toitures dont M. Gurtner fait état ne représente qu’un de ces aspects, qui est d’ailleurs intégré depuis des années dans cette charte et qui est mis en œuvre.

Enfin, la situation au centre-ville est tout autre. Contrairement à la couronne urbaine où la marge de manœuvre existe, le tissu urbain du centre est déjà constitué, souvent depuis des siècles, et il est malaisé d’intervenir.

Les îlots de chaleur sont ici bien présents et leur existence est en grande partie liée à la forte densité de la ville centre. Par exemple, selon l’audit urbain Eurostat, la Ville de Genève compte quatre quartiers de plus de 16 000 habitants au km2 alors que Lausanne n’en compte qu’un et Zurich aucun!

Les mesures les plus efficaces pour y remédier résident dans l’aménagement du territoire: diminuer la pression sur les quartiers centraux notamment en renonçant aux surélévations, assurer la mixité des affectations en rapprochant les logements des activités et améliorer la desserte en transports publics figurent parmi les plus importantes.

Le Conseil administratif les applique depuis l’adoption du plan en 2009 et cela de diverses manières: par ses interventions pour limiter la densification du centre, par l’application du Plan d’utilisation du sol et par les moyens importants consentis par le Conseil municipal pour favoriser les transports collectifs et les parcours de mobilités douces, etc.

Ce n’est que par la conjonction de l’ensemble de ces mesures qu’il sera possible de contrer de manière sérieuse et efficace les effets du réchauffement climatique à Genève, étant entendu que cela implique de changer de modèle économique.

* Conseiller municipal socialiste

Créé: 29.08.2019, 18h39

Rémy Pagani, Conseiller administratif de la Ville de Genève

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