La colère l’emporte: Trump à la Maison-Blanche

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Le pays phare de la mondialisation, la nation fondée sur l’immigration, a renversé la table. En disant stop. Contre toute attente, le candidat du parti républicain l’emporte. Il n’a pas seulement mobilisé « les petits blancs » auxquels il s’adressait surtout. Même les latinos de Floride qu’on pensait acquis à la candidate démocrate Hillary Clinton, ont fait gagner l’homme qui s’est dressé contre l’establishment, ces politiciens vus comme des profiteurs, en portant les peurs des gens simples. Dans cet Etat-clé, comme dans d’autres tels que l’Ohio ou la Caroline du Nord, le milliardaire l’a emporté. Même dans des Etats votant démocrate depuis des dizaines d’années, le candidat républicain a gagné.

Fermeture, égoïsme, rejet : dans des discours au vocabulaire de 700 mots, le magnat de l’immobilier a su saisir l’ampleur des frustrations et des colères de l’Amérique profonde, loin des préoccupations des élites culturelles. Les oubliés de la croissance de la « Rust Belt », la ceinture industrielle des Etats-Unis, les immigrés de fraîche nationalité étasunienne craignant de perdre leur place en voyant rentrer dans le pays de nouveaux clandestins, des hommes qui ne veulent pas d’une femme à la Maison-Blanche ont fait la différence.

Le candidat républicain parlait de sa candidature comme un « Brexit plus plus plus ». Cette victoire s’inscrit en effet dans ce basculement du monde qui voit la défiance des peuples s’exprimer contre ces dirigeants, la colère, balayer la raison. Les discours de progrès, de solidarité, ne passent plus dans bon nombre de pays. « Un monde s’effondre », a déclaré Gérard Araud, l’ambassadeur de France aux Etats-Unis. Les bourses l’ont compris, chutant sur toutes les places du monde. Parmi les alliés des Etats-Unis, sur tous les continents, les pays qui ont besoin de cette puissance face aux menaces, on s’inquiète. C’est le cas en Corée du Sud, au Japon, face à la Corée du nord ou à la Chine. C’est aussi vrai en Ukraine, sous pression russe.

L’Europe risque aussi de se retrouver bien seule. « L’Europe, ce n’est pas mon problème », avait déclaré le candidat Trump. Après le Brexit, et la montée des populismes sur le Vieux-Continents, cette élection dans la plus grande démocratie et la première puissance mondiale, sonne aussi comme un nouveau signal. Dans des pays comme la Suisse qui ont construit une part de leur prospérité sur les fruits de la mondialisation, on peut aussi s’interroger sur l’avenir. Les peuples plébiscitent l’autorité, le rejet de l’autre, le protectionnisme économique. Un monde s’effondre en effet.

(TDG)

Créé: 09.11.2016, 09h00

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