Passer au contenu principal

Le cataclysme monétaire s'approche

L'abondance des liquidités a propulsé les marchés depuis 2009. Gigantesque reflation orchestrée à coups de 12 trillions de dollars injectés dans le système, et source principale de l’euphorie globale, car 80% de la hausse des marchés boursiers depuis 2009 est redevable aux baisses de taux quantitatives des banques centrales. Il serait nécessaire aujourd’hui de créer 250 milliards de dollars par trimestre dans le seul but de maintenir les valorisations à leur niveau actuel.

Le monde entre dans une phase de politiques monétaires asynchrones dévastatrices du fait de cycles divergents entre les principales puissances économiques et financières du monde. Dans un tel contexte, c’est une lourde erreur que de croire que la Réserve fédérale américaine pourrait simplement être remplacée par la BCE et par la Banque du Japon, qui prendraient en quelque sorte le relais de cette création monétaire. Elles n’ont pas la faculté d’imprimer des dollars, monnaie pourvoyeuse de liquidités pour l’ensemble du système irriguant l’économie universelle.

Le billet vert n’est donc pas seulement la monnaie de réserve la plus importante au monde car les marchés obligataires américains – de l’ordre de 60 trillions de dollars – sont aussi les plus volumineux du globe, et dépassent en importance les marchés de la dette européenne et japonaise combinés. La situation est aussi dramatique car la hausse des taux d’intérêt américains se répercutera sous forme de séisme sur le marché de la dette des pays émergents libellée en dollars, avec pour conséquence la raréfaction programmée de la liquidité exprimée en cette monnaie sur l’ensemble des engagements des pays émergents. Nous sommes à la croisée des chemins et les secousses générées par le relèvement des taux d’intérêt américain se ressentiront à travers les marchés monétaires à l’échelle mondiale.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.