Un budget cantonal en 2016. Pour quoi faire?

Chronique politique

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Poussé par les journalistes, car le Conseil d’Etat avait manifestement décidé d’en réserver la primeur à la Commission des finances, le gouvernement a annoncé mercredi qu’il présenterait un nouveau budget 2016. C’est une bonne nouvelle.

Faut-il rappeler que la tâche première d’un gouvernement, comme d’un parlement, consiste à s’accorder chaque année sur un budget, c’est-à-dire sur des autorisations de dépenses variant selon les besoins, les moyens à disposition et les priorités politiques? Cette évidence, il faut la rappeler manifestement, puisque certains représentants de l’Entente expliquaient lundi encore dans nos colonnes qu’il convenait de faire l’impasse sur 2016 et de se concentrer sur «les vrais enjeux» du budget 2017. Un discours bizarre venant de la part de membres de la majorité gouvernementale.

Ce coup de mou est révélateur d’un découragement. Comme le rappelait en décembre l’ex-ministre des Finances David Hiler dans Le Temps, la séquence budgétaire de l’automne a été mauvaise. En empilant les cris d’orfraies sur les comptes 2015, un projet de budget 2016 rogné à la marge mais correct, accompagné de mesures chocs (les 42 heures) pour… 2017 ou 2018, le Conseil d’Etat a jeté la fonction publique dans la rue. Mais le gouvernement a bon dos. Au parlement, l’impéritie des partis est patente. Au manque de volonté de la gauche gouvernementale de peser sur les coûts structurels de la fonction publique (hors prestations et effectifs) a répondu le «Personal Stop» de la droite ainsi que son refus pavlovien de nouvelles recettes, qui s’imposent pourtant pour contenir et rembourser la dette.

Les fêtes ayant passé, va-t-on maintenant sortir du blocage? C’est le pari du gouvernement. Les précédentes discussions ayant buté sur un désaccord portant sur… 5 millions pour 8 milliards de dépenses, il n’est pas absurde. Mais si personne ne bouge, il n’a pas de raison de réussir non plus.

Evidemment, une année sans budget ne serait pas la fin du monde et donnerait peut-être l’occasion de se concentrer sur celui de l’année suivante. Mais rien n’est sûr. Un échec nourrirait à coup sûr la sinistrose ambiante et les blocages politiques, terreau sur lequel le populisme prospère. Pour ne pas sombrer, les citoyens doivent au contraire pouvoir savoir compter sur un personnel politique capable de passer des accords stratégiques et raisonnablement doué tactiquement. A deux ans d’une mutation profonde de son imposition des entreprises, alors que l’économie locale, qui a bien résisté à la crise de 2008, accuse le coup du franc fort, que la menace terroriste pèse, Genève n’a pas besoin d’irresponsables. (TDG)

Créé: 14.01.2016, 18h45

Marc Bretton

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