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Bienvenue en enfer, mes enfants!

La canicule d’août n’a été qu’un avant-goût de ce qui nous attend dans les trente années à venir. En 2050, les Genevois pourraient connaître des records de températures à 55°C. Chacun le sait désormais, le réchauffement climatique – qui a fait des cinq dernières années les plus chaudes jamais enregistrées – est un train sans conducteur, qui avance à vitesse accélérée, nourri par notre consommation d’énergies fossiles, la déforestation et quelques autres phénomènes liés à notre mode de vie et à l’augmentation de la population.

Des scientifiques de toutes nationalités parlent du danger que constitue ce réchauffement hors de contrôle, certains évoquent même un «point de rupture» pour la terre et une série d’effets domino désastreux: incendies, fonte des glaciers, montée du niveau de la mer de plusieurs dizaines de mètres, multiplication des catastrophes naturelles et phénomènes météorologiques violents, explosion du nombre de morts liés au changement climatique. Selon une étude de Greenpeace, «la mortalité provoquée par la chaleur pourrait ainsi augmenter de 200% en Suisse» d’ici à la fin du siècle.

Pour limiter le réchauffement à deux degrés, comme le préconise l’accord de Paris (COP21), il faudrait diviser par trois nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. On en est loin puisque ces émissions augmentent, que les pays soient signataires ou non de l’accord. Pour couper et stocker les gaz qui provoquent ce phénomène, il faudrait d’ores et déjà adopter d’autres modes de vie, généraliser des énergies non fossiles, préserver et même étendre la superficie de forêts qui captent le C02. Mais nous ne semblons pas prêts à renoncer à nos standards de vie. Du coup, nous allons léguer à nos enfants un enfer, fait de chaleur, de flammes, de populations déplacées et probablement de violences.

En pleine canicule, une initiative populaire fédérale pour réduire le C02 en Suisse était lancée par un collectif soutenu par le WWF et Greenpeace. Une association a été créée fin août pour soutenir ce texte et lancer la collecte de 100 000 signatures. Pour le WWF, il faut faire payer les pollueurs, au premier rang desquels les passagers des avions, qui participent pour un cinquième des émissions de gaz à effet de serre en Suisse.

L’ONG propose que Berne taxe les billets d’avion comme le font déjà Paris et Berlin. Dans une interview au quotidien «L’écho», en Belgique, le climatologue Jean Jouzel, estime, lui, que sans une taxe carbone, il sera impossible de freiner notre course vers l’abîme.

La Suisse détient quelques records désastreux

En Suisse, la loi CO2, que Greenpeace qualifiait de «faible», doit être révisée. Une occasion de mettre le pays dans les clous pour un objectif de zéro émission d’ici à 2050. Or, on en est loin. La Suisse détient quelques records désastreux comme la plus haute densité de chauffages au mazout, du parc automobile le plus polluant et du plus important kilométrage de vols en avion par personne, qui en font le mauvais élève du continent. Ajoutons à cela le fait que la Banque nationale suisse, par ses investissements, «génère au moins autant de gaz à effet de serre que la Suisse dans son ensemble», selon l’Alliance climatique suisse.

La compagnie d’assurances Lloyd’s vient de publier un rapport sur les risques d’effondrement de nos sociétés en raison du changement climatique. Elle pointe le risque d’une crise alimentaire liée à une baisse brutale de la production agricole et à une montée des prix, déclenchant des émeutes de la faim. Est-ce ce monde que nous souhaitons pour nos enfants? Non. Mais fait-on ce qu’il faut pour l’éviter?

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