Avenir de la monnaie: Si même «The Economist» le dit…

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L’initiative Monnaie pleine, dont on parle beaucoup ces jours-ci puisque les citoyens trancheront le 10 juin, ne suscite pas seulement l’opprobre des bien-pensants et l’adhésion aveugle de ses inconditionnels partisans. Elle renvoie aussi indirectement à des considérations plus sérieuses, telles celles que deux économistes bâlois viennent de publier dans le bulletin trimestriel de la Federal Reserve Bank of St. Louis, l’une des 12 banques régionales de la Fed américaine, dont la division de recherche est réputée dans le monde entier pour la qualité de ses travaux*.

Sous le titre «The Case for Central Bank Electronic Money» (ce qui pourrait se traduire par «Les arguments en faveur de l’émission de monnaie électronique par les banques centrales»), Aleksander Berentsen, professeur de sciences économiques et Fabian Schär, directeur du Center for Innovative Finance de l’Université de Bâle, énumèrent les différents avantages que représenterait un accès généralisé du public à des comptes auprès de la Banque nationale, au lieu que ceux-ci demeurent réservés à une poignée d’élus, les quelque 200 banques et institutions seules habilitées aujourd’hui à y entretenir des «comptes de virement». L’originalité de la démarche n’a pas échappé à la rédaction de «The Economist», l’hebdomadaire londonien réputé pour son sérieux, qui lui consacre l’entier de sa dernière colonne «Free exchange».

On ne va pas refaire ici pour la énième fois l’exposé détaillé de la problématique. Disons simplement que le sujet est «chaud» et pas complètement éthéré (toutes les banques centrales y réfléchissent sérieusement), que le remplacement plus ou moins complet du «cash» (de toute façon en voie de disparition) par de la monnaie électronique de banque centrale présenterait de sérieux avantages, et que l’introduction de celle-ci serait un jeu d’enfant, ou presque, puisque d’une part elle existe déjà (les fameux «comptes de virement») et que d’autre part elle ne nécessiterait aucune révolution, s’agissant d’une simple généralisation de ce qui est et fonctionne sans accroc.

Les banques centrales seraient les premières à y gagner, car elles auraient là le moyen de mener leur politique monétaire de manière beaucoup plus sûre – car directe – à travers le maniement des taux d’intérêt, au lieu que le comportement plus ou moins prévisible des banques influe sur le mécanisme de transmission dudit instrument. Les déposants y gagneraient aussi, non seulement en termes de sécurité, mais aussi de rentabilité, dans la mesure où les banques ne pourraient attirer les déposants qu’en leur offrant une rémunération suffisante pour compenser le risque qu’ils encourent en continuant de confier leur argent à des établissements susceptibles de tomber cas échéant dans l’insolvabilité.

Resterait bien entendu la question de la stabilité de l’ensemble du système financier, que risqueraient de menacer les épisodes, toujours possibles, de paniques bancaires, puisque sous un régime de monnaie électronique les déposants pourraient en un clin d’œil basculer de leurs comptes bancaires sur leurs comptes auprès de la banque centrale. Il y a là, concèdent les deux auteurs, matière à réflexion et prudence, et la BNS serait sans doute amenée, le jour où par hypothèse l’expérience serait tentée, à limiter le cercle des ayants droit aux seuls résidents, et à fixer un plafond au montant maximum des avoirs détenus sous cette forme. À méditer… Deux Bâlois listent les différents avantages que représenterait un accès généralisé du public à des comptes auprès de la Banque nationale (TDG)

Créé: 28.05.2018, 15h08

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