Passer au contenu principal

Y a-t-il une honte à être femme politique?

Faire les gros titres dans tout le pays quand on est candidate à l’élection complémentaire pour le Conseil d’Etat d’Appenzell Rhodes-Extérieures, ce n’était pas gagné d’avance. C’est pourtant bien le joli coup qu’a réussi Inge Schmid la semaine dernière.

A 56 ans, cette pimpante paysanne UDC, maire de la petite commune de Bühler, a lancé sa campagne via une affiche au slogan choc: «Inge Schmid, unser Mann für Aussenrhoden», notre homme pour les Rhodes-Extérieures. Bien vu! La provocation a suscité autant d’admiration que d’incompréhension.

Il faut dire que le discours explicatif de la politicienne ne manque pas d’ambiguïté. Une femme est un homme politique comme les autres, martèle Inge Schmid, qui souligne que le sexe ne fait rien à l’affaire. Seule la compétence et la personnalité comptent lorsqu’il s’agit d’exercer des responsabilités gouvernementales. Cependant, l’UDC ne manque pas de souligner qu’elle a des attributs politiques qu’elle qualifie elle-même de masculins: construction d’un réseau fort, formation continue, engagement politique en marge du travail et de la vie privée. Conclusion: si une femme est un homme comme les autres, une vraie femme politique ne saurait être autre chose qu’un homme politique!

Voilà qui tranche avec le discours convenu sur les qualités propres qui seraient la marque de fabrique des femmes en politique: sens de l’écoute, management participatif ou encore pragmatisme orienté vers les solutions.

Inge Schmid se présente comme une politicienne à testostérone assumée, alors même qu’elle entend capitaliser sur l’effet femme. En effet si elle n’est pas élue, c’en sera fini de la présence féminine au sein de l’exécutif d’Appenzell Rhodes-Extérieures, avant-dernier canton à avoir accordé le droit de vote cantonal à ses citoyennes, il n’y a même pas 30 ans.

Le petit demi-canton de Suisse orientale n’est pas le seul où la présence des femmes est menacée. En Valais, il n’y a que deux femmes parmi les 13 candidats qui se disputent les 5 sièges du Conseil d’Etat. Et au mieux seule l’une d’entre elles pourrait être élue - Esther Waeber-Kalbermatten et Sigrid Fischer-Willa étant du même district, elles ne pourraient pas siéger ensemble. Dernier canton romand à avoir une femme dans son exécutif, le Valais n’a pas vraiment rattrapé son retard. La question femme, pourtant, ne suscite pas de grand débat dans le Vieux-Pays où la campagne politique résonne des batailles d’ego entre mâles alpha plus ou moins conservateurs…

Appenzell Rhodes-Extérieures et le Valais ne font pas figure d’exception. La présence des femmes dans les législatifs et les exécutifs plafonne depuis les années 90. Et il n’y a aucun acquis en la matière. La seule chose qui change, c’est qu’on en parle plus.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.