L'Arve en crue, métaphore ultime et fluide de la région

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Neige qui fond au Mont-Blanc, pieds dans l’eau à la Jonction. La nature a parfois un côté donneur de leçons, certes un peu déplaisant mais dont il est difficile de faire abstraction. Plus percutant que le plus élaboré des discours sur le Grand Genève, l’Arve a ainsi rappelé ce week-end à tous les habitants de la région franco-genevoise à quel point ce territoire est lié et interdépendant. Pour le meilleur ou pour le pire.

La crue centennale de cette rivière, qui prend naissance dans le massif du Mont-Blanc et se jette à Genève dans le Rhône, peut en réalité aussi fournir des arguments à ceux qui abhorrent la perméabilité des frontières au flot des travailleurs. Le lit de la rivière qui déborde serait l’image des frontaliers envahissant Genève et menaçant les résidents et leurs biens. La comparaison est tentante, car facile, mais masque une réalité autrement plus complexe.

Tout d’abord parce que tout comme la frontière ne saurait stopper l’Arve, elle n’a jamais empêché l’économie de la région d’être connectée. Le bassin naturel de Genève ne s’arrête pas aux postes de douane. C’est un fait (historique) aussi incontestable que celui du sens de l’écoulement d’une rivière.

Mais l’essentiel de ce que nous apprend la crue de l’Arve ne réside pas là. Ce qu’elle nous dit, c’est que si les Genevois et les habitants de la vallée de l’Arve ont échappé au pire en termes de destructions et de victimes humaines, ils le doivent à la gestion coordonnée des eaux et des rives appliquées des deux côtés de la frontière.

Depuis 1998, des contrats de rivières ont en effet permis de renaturer – et donc de sécuriser – la plupart des cours d’eau s’écoulant dans le canton, tous provenant de France, à l’exception du Rhône et de la Seymaz. Un travail similaire a été effectué en Haute-Savoie ou dans l’Ain. Certains de ces projets ont connu des financements mixtes franco-genevois, mais personne n’oserait dire aujourd’hui que c’est de l’argent gaspillé.

Que ce soit en termes de rivières, de mobilité, d’emplois, d’aménagement ou de logements, Genève et ses voisins français sont face à une alternative. Soit les autorités de part et d’autre de la frontière coordonnent leurs efforts et œuvrent ensemble pour tenter de domestiquer l’évolution de la région, soit ce sera le chaos. Un chaos à côté duquel les ennuis actuels ne sont que de petites démangeaisons. Le reste n’est que mauvaise littérature politique.

Créé: 07.05.2015, 19h56

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