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Une approche responsable pour affronter la crise

Patrick Monay estime qu'un confinement plus strict en Suisse aurait des conséquences gravissimes.

Si notre sondage en ligneréalisé cette semaine dit vrai, il y a trois chances sur quatre pour que vous ne soyez pas d’accord avec moi. Vous étiez 73,5% à vous exprimer en faveur d’un arrêt immédiat de «l’activité économique non essentielle» dans toute la Suisse, afin de lutter contre l’épidémie de coronavirus. Autrement dit, notre pays devrait se calfeutrer et – comme en France, en Italie ou en Espagne – mettre en veilleuse la majorité de ses entreprises et de ses industries.

Je pense qu’un tel confinement généralisé n’est pas une bonne idée. Il paralyserait durablement le pays et aurait des conséquences économiques, financières et sociales gravissimes. Un lockdown de deux mois entraînerait des pertes de 51,7 à 85,6 milliards de francs, selon l’institut allemand Ifo. Quels que soient les mérites du télétravail, il ne peut rien dans bon nombre de secteurs.

Libéralisme excessif et irresponsable, dites-vous? Au contraire. À mes yeux, la clé de la situation extraordinaire que nous vivons tous est justement la responsabilité. Celle de respecter – et de faire respecter à nos enfants – les consignes de sécurité indispensables. La responsabilité des employeurs, ensuite: ils doivent faire en sorte que ces mêmes directives concernant l’hygiène et la distance sociale soient appliquées sur le lieu de travail. À défaut, il en va de la responsabilité de l’État d’ordonner la fermeture des entreprises ou des chantiers en question.

Gestion pragmatique

L’impact des mesures drastiques imposées jusqu’ici s’avère déjà considérable. La Suisse tourne au ralenti. En témoigne la chute vertigineuse (80 à 90%!) de la fréquentation des transports publics depuis une quinzaine de jours. Des PME et de nombreux indépendants, hélas, ne s’en relèveront sans doute pas. La responsabilité de l’État, c’est encore de tout mettre en œuvre aujourd’hui pour limiter cette casse en débloquant les moyens nécessaires.

Nous avons la chance de vivre dans un pays qui considère ses citoyens comme des adultes responsables, me disait l’autre jour un politicien genevois. Il a raison. L’État, c’est nous. La gestion helvétique d’une telle crise est à notre image: pragmatique et mesurée. Pas de déclaration fracassante au journal télévisé, mais des ministres qui se succèdent sagement pour dire les chiffres, expliquer les décisions et répéter les appels à la prudence. Cette approche semble porter ses fruits, même s’il est bien trop tôt pour crier victoire et relâcher l’effort collectif.

«Il ne faudra pas oublier les erreurs mises au jour par le Covid-19»

Cependant, il ne faudra pas oublier les erreurs mises au jour par le Covid-19. L’impréparation des autorités fédérales et cantonales face au risque pourtant authentifié et scénarisé d’une pandémie. Le manque de matériel de protection et de dépistage, le Conseil fédéral contraint de réclamer des masques à tout va, les hôpitaux soudain obligés d’en rationner l’usage, les homes pour personnes âgées gravement démunis…

Tout cela exigera des réponses politiques claires et des ajustements précis. C’est en particulier la mission de nos parlementaires. Une affaire de responsabilité, là aussi.

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