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Amusant ou inquiétant: Fillon est encore soutenu par 20% des Français

Trois semaines après le début de l’affaire du présumé emploi fictif de son épouse, François Fillon reste solidement arrimé à un socle de 18 à 20% d’intentions de vote dans les sondages pour la présidentielle. Ce constat illustre l’état de délabrement politique de la France. Car le vainqueur haut la main de la primaire des Républicains n’a absolument pas fait la preuve de son innocence. Ne croyez pas pour autant que ce cinquième (18 à 20% donc) des électeurs l’estiment blanc comme neige… Non, ils ont intériorisé que, parmi une classe politique en déliquescence, François Fillon proposait au moins un programme de réforme du pays valable pour redresser le pays.

C’est d’ailleurs le pari que fait François Fillon en passant en force. «Mon programme suffira bien à convaincre, qui plus est, l’alternative étant le FN de Marine Le Pen, ce petit arrangement personnel avec l’argent public n’est qu’une broutille!» Bref, accusé de détournement de fonds publics, François Fillon répond qu’il faut croire sur sa seule parole la réalité de l’emploi surpayé de son épouse.

Il en rajouterait même dans le «sournois», selon les mots de l’essayiste Jean-Louis Bourlanges, car il contre-attaque en faisant siffler la presse – ce n’est pas grave! – et surtout en contestant la validité de la justice qui enquête. Dans son argumentaire, il invoque la séparation des pouvoirs qui empêcherait quiconque de contrôler si les révélations du Canard enchaînésont avérées.

Mais tout indique que 20% des Français sont prêts à porter, en conscience, à la magistrature suprême un politicien qui se considère au-dessus des lois. Surprenant! Sans doute un effet de cette fameuse déliquescence de vie politique. Mais de quoi parle-t-on? D’un pays qui a vu un président en exercice s’essayer aux virées nocturnes en scooter, un ministre antifraude fiscale mentir les yeux dans les yeux sur l’existence de ses propres comptes secrets en Suisse, un ancien candidat à la présidentielle être jugé pour ses partouzes dans un palace de province.

Oui, la France est encore ce pays où deux ex-présidents de la république empilent les mises en examen. Ou un ex-favori pour la course à l’Elysée a été condamné par la justice. Les nostalgiques soupirent en rappelant qu’autrefois le général de Gaulle payait ses factures d’électricité à l’Elysée… L’anecdote est vraie, mais elle a surtout permis à toute une génération de gaullistes vivant dans l’ombre du grand homme d’abuser en toute tranquillité. Il suffit de relire le Canard des années soixante et septante, dans son édition du centenaire, pour s’en convaincre.

Stop ou encore! La crise Fillon tombe comme un fruit mûr. La France a l’occasion de moderniser de sa démocratie, de clarifier le fonctionnement de ses institutions et de redonner confiance en la politique. Ou de continuer à s’amuser – ou se scandaliser, selon son bord – des frasques de son personnel politique.

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