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Allô l’Europe, Bruxelles à l’appareil…

Notre dernière «lettre d’Europe», c’était «avant». Avant le drame. Avant les corps déchiquetés devant un métro et dans un hall d’aéroport. Avant tellement de choses, qui nous rendent aujourd’hui, comment dire, ici, en Belgique, tristes mais plus que cela. Tellement de rouleaux compresseurs sont passés, repassés sur le corps de ce pays chamboulé, et qui profite de cet espace, pour appeler à l’aide.

Je vous écris d’un pays dévasté, mais aussi vilipendé, d’un pays qui voudrait se cacher parfois, qui aimerait qu’on l’oublie un moment surtout, et que cessent ces titres terribles, ces analyses ravageuses de la presse étrangère, véhiculées depuis l’Atlanta de CNN ou dans le monde virtuel de «Politico». D’un pays qui a honte, qui voudrait réparer, mais qui n’en finit pas de multiplier les stations de son chemin de croix depuis un mois.

Je vous écris de Bruxelles, la capitale de l’Europe, qui paye une quadruple, quintuple, etc., peine suite aux attentats terroristes. Mais pas seulement. Ces jeunes gens fous, vides de sens ou trop plein d’on ne sait pas trop quoi au juste ont porté le coup, les coups fatals, en faisant exploser les ceintures d’explosifs qu’ils avaient patiemment confectionnées dans un de ces appartements «trois pièces en enfilade» qui nous logent tous. Mais la ville/région s’était déjà bien fait mal seule, avant et après les tragiques événements. Aujourd’hui, c’est une litanie qu’on récite et qui fait dire à certains que Bruxelles se meurt économiquement: des tunnels routiers qui traversent la ville et d’où tombent des morceaux de béton; un en particulier fermé à la circulation depuis trois mois; un piétonnier géant à deux pas de la Grand-place qui a déterré la hache de guerre entre le bourgmestre et ses commerçants.

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