Les alliés de la Loi sur la police règlent leurs comptes après leur si courte victoire

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Les alliés de la Loi sur la police règlent leurs comptes après leur si courte victoire Après une majorité obtenue à l’arraché dimanche, les tenants de la Loi sur la police (LPol) n’avaient pas de quoi tirer des feux d’artifice pour célébrer un si chétif triomphe. Des tirs de missiles ont pris la place des éclats pyrotechniques entre le PLR et le PS après cette victoire à la Pyrrhus qui a surtout confirmé le poids écrasant de leur adversaire MCG.

Le PS a imputé la maigreur du oui au ministre PLR Pierre Maudet, à sa «gestion opaque du dossier» et à la «mise en scène exacerbée de sa personne au détriment d’un débat d’idées». La riposte libérale-radicale a vite suivi: les «partis de gauche (PS et Verts) ont été totalement absents» de la campagne, si bien que les fiefs traditionnels de l’Alternative ont toujours suivi la gauche dure dans son refus de la LPol, alors que les quartiers bourgeois l’ont votée.

Ce reproche n’est pas infondé. Le centre gauche a brillé par sa discrétion avant le scrutin. Si des personnalités Vertes et socialistes ont prêté leur image à la campagne pour la LPol, les états-majors des deux partis ont refusé de leur emboîter le pas. Motif: ils voulaient promouvoir leurs propres arguments pour soutenir le texte. Il y en avait, comme le port obligatoire du matricule, un vœu ancien de la gauche qu’exauce la LPol. Mais ce sujet est resté inaudible durant la campagne, tant ses promoteurs naturels qu’auraient dû être les Verts et le PS sont restés cois.

Comment expliquer cette retenue? Il y a d’abord le vieux malaise de la gauche sur le thème sécuritaire, où elle a si souvent été taxée d’angélisme, ce qui lui a valu des déconvenues durant la dernière décennie. Fallait-il s’y aventurer au seuil d’une année doublement électorale, avec les municipales ce printemps et les fédérales en automne? De plus, la LPol, fruit d’un consensus avec la droite, ne satisfaisait pas à 100% les deux partis, qui en ont notamment combattu trois articles avec succès devant la justice. Autre source de malaise: les syndicats de la fonction publique ont suivi leurs collègues policiers (sans doute avec quelques arrière-pensées tactiques) dans leur refus de la LPol. Cela ne pouvait qu’embarrasser le centre gauche. Surtout le PS, pour lequel les employés de l’Etat constituent un traditionnel vivier électoral.

Enfin, si la LPol était soutenue en théorie par les traditionnels «partis gouvernementaux» (MCG exclu), ceux-ci n’ont sans doute pas encore pansé la déchirure du débat budgétaire de décembre. Le PLR leur a alors tourné le dos pour s’acoquiner avec l’UDC et le MCG. On peut supposer que Verts et socialistes ont été tentés de lâcher à leur tour le PLR, confronté à ses alliés d’hier. Avec un hic: à deux reprises, le MCG a perçu des gains d’image, comme allié clé sur le budget, comme redoutable adversaire sur la LPol.

Créé: 13.03.2015, 12h43

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