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Agriculture d'ici: la chérirez-vous après?

Hier encore, il était là, à côté de chez moi. Hier encore, je l’ai regardé et hier encore tout me semblait serein et propice. Pas toujours facile mais propice. Car oui, la terre est propice aux cultures!

Hier encore, dans ce champ-là, il y avait du blé, dans celui-ci des patates, dans tel autre des arbres fruitiers ou encore des fleurs. Et sur ces buttes là-bas, sur lesquelles rien ne semblait pouvoir être cultivé tant elles sont escarpées, se dressait fièrement la vigne à peine taillée mais déjà chargée de promesses!

J’ouvrais la fenêtre, vaches, moutons dessinaient de nouveaux territoires… les prairies! Toutes celles et ceux qui prenaient soin de leur champ avec une attention parfois fébrile, ne semblaient souffrir d’aucun mal… si ce n’est peut-être ceux causés par les mots déversés par d’autres. Mais tout ça c’était hier!

Car voilà que succédant à hier, aujourd’hui s’est levé. Bien différent celui-là. D’heure en heure, sur ces pages se griffonnent mille maux à peine exprimables! Une faiblesse, une course arrêtée, une vie qui s’échappe. Un effondrement où plus rien ne ressemble à ce qui était d’hier, la fin de ces rendez-vous autour d’un repas partagé. Le rythme effréné soudainement stoppé appelle à de nouveaux échanges pour faire face ensemble au fléau actuel.

Le partage du fruit du labeur des laboureurs, des cultivateurs, des vignerons, des éleveurs, des maraîchers, etc., s’inscrit dans un nouveau contrat social soutenu par l’investissement de chacun.

Le champ, lui, est toujours là, cependant les mots ont changé, avec le retour du contact entre ceux qui soignent la campagne et ceux qui s’en nourrissent. Avec reconnaissance, les femmes et les hommes de la terre partagent leur récolte, toujours la même qu’hier mais qui dans cet aujourd’hui, est accueillie à bras ouverts, merci!

Et demain? Demain, il sera encore et toujours des paysannes, des paysans, un pays… celles et ceux-ci continueront leur travail. Leur vocation à nourrir, à offrir la beauté du champ cultivé, attend, bien plus espère, que l’élan d’aujourd’hui ne se dérobera pas sous leurs pieds!

Demain semble encore lointain. Tant il est taché par ce présent dont la cruauté ébranle même le souvenir d’hier! Pourtant, c’est bel et bien dans cet aujourd’hui que s’ancrera une volonté forte et tenace. Celle de maintenir demain dans ce pays des paysannes, des paysans, qui par leurs mains, leur savoir-être et leur savoir-faire transformeront, encore et encore, ce qui mûrit généreusement au creux de la terre de ce pays, en biens inestimables accessibles à tous.

Car le champ sera encore là, à côté, la terre toujours propice aux cultures, le dos des paysannes et des paysans toujours penché dessus. Et vous… serez-vous là?

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