Un aéroport urbain sous tension

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Image: SEBASTIEN ANEX

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Genève, 6 novembre

M. Dal Busco admet que Cointrin est un aéroport urbain et une institution de droit public au service de l’aviation low cost, qui nuirait à la santé de 100 000 personnes au moins. Ses dirigeants nous promettent une réduction du bruit, mais cela reflète-t-il leurs réelles intentions?

Ils s’engagent à limiter les décollages après 22 heures alors que ce sont les atterrissages, bien plus nombreux, qui génèrent les réelles nuisances. Ils promettent de limiter la courbe de bruit. Manipulation trompeuse. Cette courbe basée sur le bruit moyen ne tient pas compte de l’oreille humaine qui n’entend que le bruit instantané au passage de chaque avion.

Nous continuerons donc à être réveillés à 6 heures et ne pourrons dormir avant minuit, samedis et dimanches inclus.

Les citoyens ont le droit de connaître quelques faits que Genève Aéroport se garde bien de communiquer. En 2006, un Tribunal fédéral lui a ordonné de produire une étude prouvant l’impact économique d’une réduction des heures d’ouverture. En treize ans, avec l’aide de deux experts, il admet dans un document de 285 pages qu’il est incapable de chiffrer un tel impact. Mais au lieu de proposer de réduire ses horaires afin de nous garantir les huit heures de sommeil préconisées par l’OMS, il demande de rejeter un recours toujours non jugé depuis 2001. […]

En 2017, l’OFAC organisait la consultation PSIA. Malgré plusieurs centaines de propositions, l’OFAC et Genève Aéroport l’ont accepté sans tenir compte d’une seule modification réduisant les nuisances. N’est-ce pas là un déni de démocratie?

À Genève, siège de l’UIT et de l’OMS, ne sommes-nous pas en droit d’espérer plus de vision de notre classe politique? À la place de ne soutenir que le marché aéronautique, plus grand émetteur mondial de particules fines et de NOx, n’y aurait-il pas de solutions plus intelligentes préservant la santé de la population? […]

Impactés ou pas, le 24 novembre votons oui à l’initiative 163 garantissant un pilotage réellement démocratique de Cointrin et non à un contre-projet permettant un accroissement non maîtrisé de notre aéroport urbain.

Georges Ryser

Aéroport, encore

Collonge-Bellerive, 7 novembre

M. Barazzone rejoint d’autres ténors du PDC en demandant à la population de refuser l’initiative 163 «Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève». On peut se demander pourquoi les membres de la base de son parti ont voté à plus de 60% en faveur de l’initiative… Ces dirigeants seraient-ils à ce point coupés de leur base et de la réalité? Il se peut également que, suite aux dernières élections, les dirigeants du PDC et du PLR, ayant perdu passablement de plumes, ne puissent plus voler très haut dans l’atmosphère du climat actuel! Que l’aéroport soit important pour la Genève internationale et, dans une certaine mesure, pour l’économie genevoise, personne, à commencer par les initiants, ne le nie.

Mais M. Barazzone, comme beaucoup d’autres de son bord politique, oublie qu’il n’y a pas que l’économie qui compte et que c’est précisément cette vision de l’avenir qui a précipité leur débâcle aux dernières élections. Ne pas rejeter les doléances de la population ne commencerait-il pas par écouter celle-ci et entendre ses revendications? Non, la gouvernance de l’aéroport n’est pas démocratique, n’en serait pour preuve que cet accord «tombé du ciel» à trois semaines des votations entre sa direction, Easyjet et Swiss, alors que durant trente ans, l’AIG nous a expliqué qu’il ne pouvait rien faire à propos des fréquences des vols car pris dans un réseau européen dirigé par l’OFAC et… l’Europe. Seule l’initiative 163 permettra que cette gestion «entre amis» ne soit plus d’actualité. […]

Renaud Dupuis


Laideur et délicatesse

Confignon, 5 novembre

Tout ce qui se fait en urbanisme actuellement n’est pas nécessairement aussi laid que les tours de Pont-Rouge, à l’extrémité de la route des Acacias.

Ces tours ont quelque chose d’arrogant et de sinistre: leur hauteur ainsi que la régularité maniaque de leurs fenêtres, qui fait alterner le noir et le gris sombre. Elles sont à l’image des conditions vécues par les travailleurs qui ont dû y œuvrer: inhumaines et injustes.

Passons alors plus à l’ouest en empruntant la route de Chancy entre le Petit-Lancy et Onex. Là, des rangs de jeunes et hauts platanes ont été plantés avec l’installation du tram 14. Les espaces entre les deux voies routières et celles du tram ont été garnis d’herbages qui deviennent drus et fauves en automne, et parmi ces graminées, des asters égaient délicatement le beige de leurs fleurs violacées. Tout un art du paysage dont la mise en place et l’entretien ne peuvent révéler qu’un travail juste et honnête.

François Gautier

Écrivez-nous à courrier@tdg.ch, Tribune de Genève, courrier des lecteurs, case postale 5155, 1211 Genève 11.

Créé: 12.11.2019, 14h08

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