Tous aux abris! Le dossier de l'asile redevient chaud

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Genève et le reste de la Suisse répètent avec une constance qui impressionne les mêmes erreurs sur la vaste problématique de l’asile, et plus précisément sur l’hébergement. Voyez comme Genève s’agite autour du déménagement de 80 requérants déboutés du foyer des Tattes vers des abris de protection civile. Responsable du dossier, le Conseil d’Etat se fait houspiller par la Ville de Genève, qui lui reproche de ne rien faire. Par la bouche de Mauro Poggia, le gouvernement cantonal porte la faute sur l’Exécutif communal, incapable de mettre fin à l’occupation du Grütli par une trentaine de requérants.

Alors la faute à qui? Qu’on trouve inhumaines les conditions imposées à ces personnes ou qu’on estime qu’il n’y a pas d’autre solution et que c’est un moindre mal, on oublie généralement de rappeler que le phénomène est en réalité récurrent depuis bien trop longtemps. A un point tel qu’il vaut la peine de se demander quelles sont les raisons d’une telle «imprévoyance».

Ceux qui ont quelques cheveux gris se rappellent sans effort l’arrivée de nombreux réfugiés fuyant le conflit en ex-Yougoslavie dans les années 90. En 1999, jusqu’à neuf abris PC avaient dû être ouverts pour accueillir des dizaines de milliers de malheureux.

A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. D’accord, mais lorsqu’une mesure doit être prise tous les cinq ans, peut-elle encore être qualifiée d’exceptionnelle? En 2002 déjà, il a fallu remettre des gens sous terre. Rebelote en 2009, puis en 2012. Aujourd’hui, 320?personnes relevant de l’asile logent à Genève dans des abris. La réalité, c’est que l’Hospice général ne dispose pratiquement d’aucune marge de manœuvre depuis les années 90. Les fluctuations des demandes d’asile sont cycliques. A chaque poussée de fièvre, même modérée, les hébergements manquent.

La seule question qui importe, c’est pourquoi. Une des raisons est la décision d’un certain Christoph Blocher, en 2006, de ne plus autoriser les cantons à faire des réserves d’hébergements. Une autre est la difficulté à faire accepter de nouveaux foyers. En 2002, Laurent Moutinot avait lancé un vaste programme pour la création de près de mille lits. Ce fut une levée de boucliers. Enfin, la pénurie générale de logements contraint l’Hospice à garder en foyer des gens qui ont pourtant obtenu l’asile.

Plutôt que de se rejeter la faute, les collectivités publiques devraient se retrousser les manches pour donner les moyens à l’Hospice de faire correctement son travail. A long terme.

Créé: 25.06.2015, 19h59

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