Passer au contenu principal

Conditions exigées par le Conseil fédéralRéduction des salaires: qui va trinquer?

L’aide aux clubs de foot et de hockey impose une diminution de la masse salariale. Il existe déjà un profil des joueurs impactés.

En hockey, les joueurs suisses dominants, tels que le Fribourgeois Julien Sprunger, ne seront pas impactés par la réduction de l'enveloppe salariale.
Différence de statuts
En hockey, les joueurs suisses dominants, tels que le Fribourgeois Julien Sprunger, ne seront pas impactés par la réduction de l'enveloppe salariale.
Keystone

Le Conseil fédéral, qui a déposé mercredi une enveloppe de 350 millions de francs sous le sapin de ligues professionnelles de football et de hockey sur glace, a lié son obole à plusieurs exigences, dont celle d’une réduction de 20% de la masse salariale des clubs qui solliciteront cette aide (sous forme de prêt).

Concrètement, une société qui rémunère ses joueurs à hauteur de dix millions en 2020 ne pourra pas verser plus de huit millions en 2023, date de l’entrée en vigueur de cette obligation.

Le cas échéant, quels seront les profils les plus impactés par cette nouvelle redistribution des ressources? Les équipes vont-elles réduire équitablement les rémunérations de tous leurs pros ou le marché imposera-t-il de nouvelles échelles?

‹‹Je peux aussi imaginer que les joueurs âgés seront poussés vers la sortie par des jeunes, moins chers››

Gaëtan Voisard, agent de joueurs

Dans la National League de hockey, où les seuls quatre étrangers peuvent être alignés à chaque match, les joueurs nationaux bénéficient depuis longtemps d’un totem de quasi immunité. Il n’est pas rare qu’un élément de soutien, patinant huit minutes par rencontre sur un quatrième trio, empoche près de 200’000 francs par exercice. «Ce sont ces joueurs-là qui vont trinquer, estime l’agent Juho Sintonen. Les clubs ne vont pas tailler dans les rétributions de leurs étoiles, mais chez les porteurs d’eau.» Un avis qui est partagé par Gaëtan Voisard, CEO de l’agence «The 6ix»: «Le phénomène se vérifie depuis quelques saisons. Les équipes mettent pas mal d’argent sur leurs éléments dominants et de moins en moins sur les gars de soutien. Le clivage va encore s’accentuer.» Et d’ajouter: «Je peux aussi imaginer que les joueurs âgés seront poussés vers la sortie par des jeunes, moins chers.»

Un travail de prospection à améliorer

Dans le milieu de football, où le marché est plus grand, donc plus concurrentiel, Andres Perez, agent de joueurs, estime qu’il est aisé de réduire les salaires sans qu’une classe précise de pros soit plus touchée qu’une autre. «Mais pour cela, explique notre interlocuteur, les clubs doivent repenser leur organigramme.» Il détaille: «De bons joueurs qui ne coûtent pas grand chose, il y en a des milliers. Mais, pour les trouver, il ne faut pas rester dans son bureau et attendre les offres. Il faut aller les observer, aller voir la Youth League, la Coupe Gambardella, etc. En Suisse, au niveau du scouting, les clubs sont nuls. S’ils développent ce secteur, en mettant des personnes compétentes en place, ils vont trouver des pépites pour trois fois rien.»