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Geneva International Film FestivalMalgré la crise, le GIFF est plein d’ambition

Pour la 26e édition du GIFF, qui aura lieu du 6 au 15 novembre, son directeur promet un apogée malgré la crise sanitaire.

Secondé par son attachée de presse Chamsi Diba, Emmanuel Cuénod a dévoilé jeudi sa toute dernière programmation sous la bannière du GIFF.
Secondé par son attachée de presse Chamsi Diba, Emmanuel Cuénod a dévoilé jeudi sa toute dernière programmation sous la bannière du GIFF.
LUCIEN FORTUNATI

Alors que l’ensemble de la société affronte une inquiétante deuxième vague pandémique, Emmanuel Cuénod, lui, échappe de justesse à la première. En tant que programmateur d’un festival de cinéma, télévision et réalité virtuelle, il profite encore «du riche flux de production des années 2018 et 2019». «Le plus dur, nous a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse, jeudi, au FlexOffice Genève Patio Plaza de Vernier, attend ma successeure, Anaïs Emery, dès l’an prochain, quand elle aura à subir les conséquences d’une planète qui s’est littéralement arrêtée de tourner. Pour ma part, je suis plus que satisfait de l’affiche de cette 26e édition!»

Devant la quarantaine d’auditeurs réunis dans l’entreprise de coworking qui héberge actuellement ses locaux, Emmanuel Cuénod s’est montré intarissable sur son tableau de chasse 2020, que maints trailers sont venus enluminer. Bien évidemment, les organisateurs ont malgré tout tenu compte du contexte sanitaire, ne serait-ce que pour veiller à la protection des publics accueillis du 6 au 15 novembre prochain. «En huit ans d’exercice, je me suis pour la première fois demandé ce qu’était un festival et à quoi il servait», admet l’aventurier. Réponse? «Le GIFF permet l’expérience collective de la salle, y compris pour la VR.» Ne restait plus qu’à trancher: en faveur de l’annulation ou du maintien, à condition d’adopter un protocole hygiénique des plus drastiques. Le choix s’est effectué sans une once d’hésitation.

Abel Ferrara, Woodkid et Stephan Eicher

Au nombre des mesures de sécurité figure l’abolition temporaire de tout lieu central, bar et autres soirées festives. Pour éviter les rassemblements trop nombreux, les projections investiront davantage de sites, mais en prévoyant des jauges réduites. Le masque sera porté en tout temps; les places, numérotées, incluront un siège vide entre les groupes de spectateurs; les équipements de VR seront intégralement désinfectés entre chaque utilisation; et le traçage sera garanti grâce à une billetterie fonctionnant uniquement online. Pour ces raisons, on ne saurait trop tarder à réserver ses billets avant qu’ils ne partent en fumée.

En dépit de ces contraintes, plusieurs grands noms internationaux de la profession fouleront le sol genevois. Citons notamment le cinéaste américain Abel Ferrara, président du jury qui dispensera par ailleurs une master class à la HEAD. Ou l’acteur danois Mads Mikkelsen, lauréat du Geneva Award, qui fera l’objet d’une rétrospective sélectionnée par ses soins. Ou encore le musicien et vidéaste Yoann Lemoine, alias Woodkid, récipiendaire quant à lui du Film & Beyond Award pour ses recherches transversales aux franges de l’image et du son, qui aura également carte blanche pour partager un film surprise.

Le plus dur attend ma successeure, Anaïs Emery, quand elle aura à subir les conséquences d’une planète qui s’est littéralement arrêtée de tourner»

Emmanuel Cuénod Directeur général et artistique du GIFF

L’un des événements majeurs de cette 26e mouture concerne moins le renom de sa vedette que le lieu où il se déroulera. Dans le cadre d’une nouvelle section intitulée «Édition limitée», c’est l’emblématique cinéma Plaza, objet d’une âpre lutte de la part de ses défenseurs, qui rouvrira ses portes le 7 novembre, à la veille d’une fermeture jusqu’en 2023 pour cause de rénovation. Pour honorer ce fleuron de l’architecture genevoise, nul autre que l’artiste bernois Stephan Eicher signera une création unique à partir des scénarios avortés, des projets inaboutis de l’histoire du cinéma, comme on en déplore tant cette année… Une salle miraculée où renaîtront ces phénix, avant qu’elle n’abrite, jusqu’au 15 novembre, le cinéma VR du festival.

Foison de titres

Entre l’ouverture du festival, avec le «True Mothers» de la Japonaise Naomi Kawase, et sa clôture, qu’assurera la minisérie interprétée par Ethan Hawke «The Good Lord Bird», ce ne sont pas moins de 132 films, séries et œuvres immersives au total – dont 90 premières suisses, européennes ou internationales – qui fleuriront à l’ombre des trois compétitions internationales (10 concurrents chacune), des installations interactives, du marché des créations numériques et autres anthologies scandinaves. Les fameux Highlights, cette sélection non compétitive, tous supports confondus, font particulièrement saliver: on y retrouve Abel Ferrara et son récent «Sportin’ Life», mais aussi le «Lux Aeterna» de Gaspar Noé, ainsi que la nouvelle série du Genevois Jacob Berger, «Cellule de crise», sans oublier les contributions de Luca Guadagnino, Frederick Wiseman ou Lucas Belvaux. Et pour conclure, cette intruse en la proposition du Néerlandais Frederik Duerinck, «Algorithmic Perfumery», qui offrira aux festivaliers un parfum personnalisé que générera sur place une intelligence artificielle. Le sillage du directeur en partance…

26e Geneva International Film Festival, du 6 au 15 nov., progr. complet et billetterie sur www.giff.ch