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EditorialQui pour diriger l’OMC?

Otage de la guerre tarifaire entre les États-Unis et la Chine, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Son bras de fer avec l’administration Trump l’a fait passer du statut d’arbitre à celui de spectateur depuis que le fonctionnement de son organe d’arbitrage a été bloqué. Pourtant, personne n’envisage d’enterrer l’OMC. La liste des candidats à la succession du Brésilien Roberto Azevedo, qui a démissionné en pleine crise du Covid-19, ne cesse de s’allonger. Les prétendants ont jusqu’au 8 juillet pour présenter leur programme et convaincre.

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Deux défis attendent le futur élu: conduire la réforme qui permettra à l’OMC de se remettre debout et gérer les effets du Covid-19 sur le commerce mondial. Autant dire qu’il faudra serrer les rangs et faire fi des divisions. C’est mal parti. La course pour la désignation du prochain directeur général de l’OMC porte le ferment de nouvelles divisions. L’Afrique, qui n’a jamais dirigé l’organisation, estime que son heure est venue. Les candidats africains ont été les premiers à sortir du bois, sûrs que l’un d’entre eux allait accéder à la fonction suprême. Cette compétition met à l’épreuve la capacité des États africains à s’entendre pour désigner un candidat unique. Ce n’est pas gagné.

Pour l’Afrique, un autre obstacle se dessine. Sous prétexte que l’heure est grave et qu’il y va de la survie de l’OMC, l’Europe veut imposer un candidat issu de ses rangs. Des poids lourds de la politique se profilent déjà. Tous sont de grands défenseurs du multilatéralisme. Pourtant, en niant la légitimité de l’Afrique à briguer ce poste et en sous-entendant qu’aucun de ses candidats n’est en capacité de mener les réformes nécessaires, ils contribuent, eux aussi, à en pilonner les fondements.