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ÉditorialQuel visage pour Servette?

Le moment est fébrile parce que les temps sont encore incertains. Pour avoir passé quatre mois dans un tunnel, le Servette FC est comme tout le monde. Il rouvre les yeux, ébloui par cette lumière qui n’éclaire encore que partiellement le paysage d’avant. Le championnat suisse de football reprend ses droits ce week-end, mais il n’y a là plus de repères, tout est différent.

Un match, dimanche, dans un quasi-huis clos (300 personnes autorisées). Les suivants avec seulement 1000 âmes pour peupler les stades, jusqu’à la fin d’une saison qui joue les prolongations au pas de charge. L’assouplissement des mesures ne dissipe pas vraiment la sensation d’étrangeté, un mal nécessaire sur le chemin du retour à la normalité, c’est ainsi que les clubs suisses l’ont voulu en votant la reprise, Servette en tête.

Justement. Alors que les Grenat avaient montré jusqu’à la pause forcée la mine réjouie et rafraîchissante d’un néo-promu décoiffant, quel visage sera celui du Servette d’après? Rattrapé par la réalité, le club prépare l’avenir, il se restructure sous l’impulsion d’un nouveau président, Pascal Besnard. Il s’organise pour assumer, dès la saison prochaine et donc dans quelques semaines, une baisse de budget, notamment en misant sur la qualité de sa formation. Nécessité fait loi, davantage encore au sortir d’une crise sans précédent dont il faut anticiper les répercussions.

Il y a ici un moment charnière qui ne dit pas son nom, mais qui dicte déjà son tempo. Servette ne veut pas subir les circonstances. Cela ne veut pas dire qu’il abandonne ses ambitions, mais qu’il se fixe des priorités. Sans promesses extravagantes, dans ce registre le club a déjà donné. Cela s’appelle grandir. Là aussi, un mal nécessaire.