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AthlétismeQuatre athlètes russes sanctionnés pour dopage

Le Tribunal arbitral du sport a annoncé mercredi des mesures rétroactives sur la foi de preuves contenues dans le rapport McLaren.

Andrey Silnov, champion olympique du saut en hauteur aux JO de Pékin 2008, conserve malgré tout sa médaille d’or.
Andrey Silnov, champion olympique du saut en hauteur aux JO de Pékin 2008, conserve malgré tout sa médaille d’or.
AFP/Archive

Quatre anciens athlètes russes, dont deux champions olympiques, ont été rétroactivement disqualifiés mercredi pour dopage sur la foi de preuves contenues dans le rapport McLaren, a indiqué le Tribunal arbitral du sport.

L’affaire est d’autant plus intéressante que les tricheries individuelles restent difficiles à établir en l’absence de contrôle positif à une substance interdite, alors que le dopage d’Etat en Russie a fait l’objet de vastes enquêtes depuis 2015.

Deux champions olympiques

La juridiction suprême du monde sportif a sanctionné le champion olympique 2008 du saut en hauteur Andrey Silnov, 36 ans, la championne olympique 2012 du 400 m haies Natalia Antyukh, 39 ans, l’ex-vice-championne du monde 2007 du 1.500 m Yelena Soboleva, 38 ans, et la lanceuse de marteau Oksana Kondratyeva, 35 ans.

Sans que le TAS ne précise les motifs de sa décision, Yelena Soboleva s’est vu infliger une période de huit ans d’inéligibilité à partir de ce mercredi, contre quatre ans pour ses trois compatriotes, tous retirés de la compétition.

Ils conservent l’or

Le tribunal a également annulé tous les résultats de Mme Soboleva entre mai 2011 et sa suspension provisoire le 15 décembre 2016, de Natalya Antyukh depuis le 30 juin 2013, d’Oksana Kondratyeva depuis le 2 juillet 2013 et d’Andrey Silnov depuis le 8 juillet 2013.

Les meilleurs résultats des quatre athlètes sont cependant antérieurs à cette période: Andrey Silnov conserve donc sa médaille d’or décrochée aux JO-2008 de Pékin, et Natalya Antyukh son titre acquis aux JO-2012 de Londres et ses deux titres mondiaux du 4x400m – en plein air en 2005 et en salle l’année suivante.

Natalia Antyukh avait en revanche déjà été privée sur le relais 4x400 m de trois médailles mondiales (bronze en 2009 et 2011, or en 2013) et d’une médaille olympique (argent en 2012) en raison des disqualifications pour dopage d’ex-équipières. Yelena Soboleva s’était de son côté vu retirer sa médaille d’argent mondiale obtenue sur 1.500 m pour dopage.

Une affaire qui remonte à 2016

Le rapport du juriste canadien Richard McLaren, commandé par l’Agence mondiale antidopage, avait mis en lumière en 2016 un système institutionnalisé de dopage en Russie, notamment le blanchiment de plus de 500 contrôles positifs du laboratoire de Moscou, au cœur du scandale.

Andrey Silnov était devenu après sa carrière vice-président de la fédération russe et s’était présenté à la présidence en 2016.

Ukhov reste sans médaille

Statuant cette fois en appel, le TAS a par ailleurs annoncé mercredi la réduction de la suspension infligée à quatre autres athlètes russes, dont l’ex-champion olympique du saut en hauteur Ivan Ukhov.

Ivan Ukhov n’est plus suspendu que pour deux ans et neuf mois à compter du 1er février 2019, contre quatre ans auparavant. Il est disqualifié pour la période allant du 16 juillet 2012 au 21 décembre 2014, et reste donc privé de la médaille d’or décrochée aux JO-2012 de Londres, mais récupère ses résultats de l’année 2015.

La spécialiste du 100 mètres haies Yuliya Kondakova, la sauteuse en hauteur Svetlana Shkolina et la hurdleuse Ekaterina Galitskaia ont également vu leur sanction édulcorée. Le triple sauteur Lyukman Adams reste en revanche suspendu pour quatre ans.

AFP