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États-UnisQuand Pompeo estimait que Trump «ne raconte que des conneries»

Dans son livre à paraître la semaine prochaine, l’ex-conseiller présidentiel John Bolton rapporte les vives critiques du secrétaire d’État Mike Pompeo envers Donald Trump.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo, entouré de Donald Trump et de l’ancien conseiller présidentiel John Bolton. (Photo MANDEL NGAN / AFP)
Le secrétaire d’État Mike Pompeo, entouré de Donald Trump et de l’ancien conseiller présidentiel John Bolton. (Photo MANDEL NGAN / AFP)
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Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui affiche une loyauté à toute épreuve à l’égard de Donald Trump, s’est montré plus d’une fois critique dans son dos, allant jusqu’à l’accuser de ne dire «que des conneries», rapporte l’ex-conseiller présidentiel John Bolton dans son livre.

L’épisode décrit dans ce livre explosif à paraître la semaine prochaine, dont de larges extraits ont été dévoilés mercredi dans les médias américains, remonte au premier sommet entre le président des États-Unis et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, en 2018 à Singapour.

À un moment de cette rencontre historique, Mike Pompeo fait passer à John Bolton, alors conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, une petite note se moquant du milliardaire républicain: «Il ne raconte que des conneries», glissait-il, selon un extrait publié par le «New York Times».

Un mois plus tard, selon le conseiller limogé en septembre dernier, le chef de la diplomatie américaine étrillait la stratégie de rapprochement avec la Corée du Nord, qu’il n’a eu de cesse de défendre en public, estimant qu’elle n’avait «aucune chance de réussir». Et juste avant le sommet de Singapour, après avoir écouté une conversation téléphonique entre Donald Trump et son homologue sud-coréen, Mike Pompeo avait déjà dit à l’auteur du livre avoir «failli avoir un arrêt cardiaque» à cause des propos présidentiels.

«Débile» selon Tillerson

John Bolton écrit également que lui-même, Mike Pompeo et le ministre de la Défense Mark Esper ont tenté à huit ou dix reprises de convaincre Donald Trump de débloquer une aide cruciale à l’Ukraine, que ce dernier avait suspendue en l’attente d’enquêtes de Kiev sur ses opposants démocrates -- un dossier qui sera au cœur d’un procès en destitution finalement remporté par le président américain.

Selon le «Washington Post», John Bolton assure par ailleurs que le secrétaire d’État fait partie des hauts responsables qui ont envisagé de démissionner. Il s’est par moments montré «furieux» de voir le gendre et conseiller du président, Jared Kushner, empiéter sur ses plates-bandes diplomatiques.

C’est la première fois que des propos critiques de Mike Pompeo sur l’hôte de la Maison Blanche filtrent aussi clairement. Ils ne sont pas sans rappeler ceux de son prédécesseur Rex Tillerson, premier secrétaire d’État de Donald Trump, qui, selon plusieurs médias, l’avait qualifié en privé de «débile». Les articles sur cet épisode avaient accéléré sa disgrâce, jusqu’à son limogeage en mars 2018.

AFP/NXP