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Encre bleueQuand le printemps avance masqué

LAURENT GUIRAUD

Le printemps est arrivé! Une bonne nouvelle, enfin, même si à Genève, où l’on ne fait jamais rien comme ailleurs, notre marronnier officiel l’avait déjà annoncé le 12 mars dernier…

Ah, le printemps! «La belle saison», comme le chantaient Michel Fugain et son Big Bazar, avec un enthousiasme comme on n’en fait plus de nos jours. C’est le temps des promesses. La nature sort de la torpeur hivernale, la sève monte et la vie repart à folle allure, dans un débordement d’énergie.

C’est le temps des espoirs. Demain sera meilleur qu’aujourd’hui parce que des hommes l’ont décidé ainsi. Nos ancêtres ont connu le fameux Printemps des peuples, dit Printemps des révolutions, qui secoua l’Europe en 1848. Nos aînés se souviennent bien du Printemps de Prague, en 1968, et nous autres du Printemps arabe d’il y a tout juste dix ans.

Pour être au diapason de cette envie d’aller de l’avant, on peut aussi compter sur le Printemps des poètes, qui célèbre les vers libérateurs, ou le Printemps d’abeilles, qui s’active pour la nature dans notre canton, mais c’est encore une autre histoire.

Et puis il y a ce printemps 2021, qui commence par un espoir douché. Celui de pouvoir renouer avec un semblant de vie normale. Aller sur une terrasse, au spectacle, au ciné, même en petit nombre. Se faire plaisir tout en faisant vivre des milieux économiques au plus mal. Se dérouiller la carcasse ailleurs que sur son tapis du salon. Respirer. Faire des projets. Tintin!

Alors si la sève monte bel et bien ces jours, si les feuilles poussent aux arbres, si les fleurs s’épanouissent dans l’herbe fraîche, les humains, eux, commencent à s’étioler grave. Le printemps avance masqué. Vivement l’été!

11 commentaires
    yum bang

    Avec le retour du printemps la vie renaît. La lumière, les couleurs et la chaleur apportent l'énergie et l'optimisme. La "nourriture" de "mère nature" renforce notre vitalité et notre capacité de survie dans un monde anxiogène et claustrophobe. Profitez pleinement de cette douceur de vivre qui ne dure que quelques mois.