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Vol au-dessus des prairiesQuand des drones sauvent les faons de la grande Faucheuse

Cette méthode de mise en sécurité est efficace à près de 100%. Elle est reconduite ce printemps dans le canton de Genève.

Un drone à la recherche d’animaux tapis dans les hautes herbes des prairies pour se protéger des prédateurs.
Un drone à la recherche d’animaux tapis dans les hautes herbes des prairies pour se protéger des prédateurs.
KEYSTONE

Le drone de la «Julie» a récemment survolé six secteurs de la ville pour prendre la mesure aérienne du semi-confinement. Confirmation du sentiment général vécu au ras du sol: c’était vide et sans danger. Les choses ont changé depuis. L’espace s’est brutalement repeuplé, de voitures et de gens. La guerre des catégories fait à nouveau rage.

Plutôt que de filmer cette reprise belliqueuse chez les humains, le drone, dans sa technologie qui voit tout, se met au service de la faune. Le voici en campagne, en train de survoler les prairies pas encore coupées. Il cherche quoi avec sa caméra infrarouge? Les faons. Oui, les petits du chevreuil et de la chevrette, tapis dans les hautes herbes pour se protéger des prédateurs.

Le corps immobile et inodore: ce double effet protecteur peut s’avérer fatal lors du passage de la faucheuse. Au lieu de s’enfuir, le faon, tétanisé, se fait hacher menu comme chair à pâté (du gibier) par les machines agricoles aux vitesses de travail trop rapides pour lui, opérant de surcroît sur d’importantes largeurs. Leur mère risque aussi la blessure, sans compter les levrauts, les renards et tous les animaux présents dans ces parcelles qui se fauchent au rythme des dameuses en hiver sur les pistes de skis.

D’où l’action «Sauvetage de faons», reconduite cette année, après des mises en sécurité réussies l’année dernière. Du monde pour coordonner le précieux boulot des pilotes de drones. La Fédération cynégétique genevoise (FCG), AgriGenève et les agriculteurs genevois se mettent ensemble, tout en collaborant avec l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature.

Après avoir cartographié les prairies à risque du canton – soit le plus souvent des parcelles en bord de bois et de forêt –, contact est pris avec les agriculteurs pour connaître leurs dates de fauchage. Les drones décollent alors tôt le matin. L’écran de contrôle identifie au GPS le faon.

Les informations sont transmises à une équipe de bénévoles qui se rend sur la parcelle. Les mains vides? Non, avec une caisse à pommes et un fanion. Du vieux se combinant au moderne: cette technique mixte de mise en sécurité est efficace à près de 100%.