Purges antigays en Tchétchénie
Une centaine d'hommes auraient été arrêtés et détenus secrètement sur ordre de Kadyrov en raison de leur orientation sexuelle.

Exactions Des dizaines d'homosexuels ont disparu en Tchétchénie depuis la fin du mois de mars. L'information, révélée par le journal d'opposition russe Novaya Gazeta, fait état d'au moins trois assassinats et d'une centaine d'arrestations arbitraires.
A Grozny, la capitale tchétchène, les autorités nient en bloc. Impossible, rétorquent-elles, pour la simple et bonne raison que l'homosexualité n'existe pas dans la république du nord du Caucase russe… «S'il y avait de telles personnes en Tchétchénie, leurs proches les auraient déjà envoyées là d'où ils ne reviendraient jamais», a déclaré promptement Alvi Karimov, l'un des porte-parole du leader tchétchène Ramzan Kadyrov. Dans cette région du monde où afficher sa préférence sexuelle équivaut à une condamnation à mort, nul doute que les gays se font discrets.
«Nettoyage préventif»
Les détenus seraient âgés de 16 à 50 ans et compteraient notamment des personnalités médiatiques et religieuses de ce territoire à majorité musulmane. Le journal bihebdomadaire d'investigation, pour lequel la journaliste Anna Politkovskaïa travaillait jusqu'à son assassinat à Moscou il y a 10 ans, ajoute que selon les témoignages recueillis, les détenus seraient torturés et contraints à livrer les noms d'autres homosexuels de leur entourage.
Ces rafles feraient suite aux démarches entreprises au début du mois de mars par des militants de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) pour organiser des gay prides dans plusieurs villes du Caucase du Nord. Cette initiative a soulevé une tempête de protestations dans la région. «C'est à partir de ce moment que fut donné l'ordre d'entreprendre un «nettoyage préventif» qui a abouti sur de véritables meurtres», précise le titre moscovite.
«Il est presque impossible de recevoir des informations des victimes ou de leurs familles, mais les signaux que je reçois de différents contacts rendent crédible le fait que des détentions et des violences sont effectivement en train de se produire en Tchétchénie contre les homosexuels», explique de son côté Ekaterina Sokirianskaia, de l'International Crisis Group, au quotidien britannique The Guardian.
Une organisation LGBT de Saint-Pétersbourg a mis en place une hotline pour aider les gays qui le souhaiteraient à quitter la république. Tandis qu'à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, les députés responsables des droits de l'homme dans le Caucase du Nord se disent extrêmement préoccupés et réclament que les autorités enquêtent sur ces accusations.
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