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Procès pour escroqueriePrison ferme pour avoir escroqué 1,76 million à Nestlé

Le comptable qui s’était enrichi grâce aux salaires et indemnités de collègues fictifs écope de trois ans dont la moitié avec sursis. Son ex-compagne est condamnée aussi.

L’ancien comptable s’est enrichi pendant plus de cinq ans avant de démissionner. La baisse des dépenses a alors éveillé les soupçons.
L’ancien comptable s’est enrichi pendant plus de cinq ans avant de démissionner. La baisse des dépenses a alors éveillé les soupçons.
KEYSTONE

L’ex-comptable ayant escroqué 1,76 million de francs à une branche du groupe Nestlé est reconnu coupable d’escroquerie par métier, faux dans les titres et blanchiment d’argent. Pour sêtre enrichi pendant cinq ans en encaissant les revenus de collègues fictifs, lhomme de 38 ans écope de 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis. Une peine conforme aux réquisitions du Ministère public, pour laquelle il songe à faire appel.

Peu après son engagement au sein de la Société pour lexportation des produits Nestlé, il avait mis en place deux stratagèmes. Il a dabord utilisé, pour ses dépenses personnelles, les cartes de crédit professionnelles dexpatriés retraités ou pas encore en fonction. Puis il est allé jusquà créer des profils demployés fictifs dans le système informatique de lentreprise afin de faire verser leurs salaires sur des comptes ouverts par des proches, dont son ex-compagne. Jugée en même temps, celle-ci est condamnée à 30 mois de prison dont 15 mois avec sursis. Elle fera appel.

«Monsieur consacrait une partie non négligeable de son temps de travail à ses pratiques frauduleuses»

Le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de l’Est vaudois

Décrit à laudience comme «aimant beaucoup largent», le couple a mené la grande vie pendant plusieurs années, consumant des sommes astronomiques en produits et séjours luxueux. Lors des débats, jeudi, les deux prévenus ont - littéralement - réglé leurs comptes, à grand renfort danecdotes conjugales censées attribuer la responsabilité vénale au camp opposé.

Le procureur Anton Rüsch estimait qu’ils avaient montré une telle complicité dans la cupidité quils méritaient une peine similaire. Mais le tribunal a considéré que la culpabilité de la jeune femme était «légèrement moindre et que, si elle a peut-être encouragé son concubin, elle navait pas la maîtrise du schéma délictueux». Lui par contre «avait les cartes en mains et consacrait une partie non négligeable de son temps de travail à ses pratiques». Il devra rembourser lintégralité de la somme perçue, solidairement avec son ex.