Prise d’otages d’YverdonObsédé par une femme, le forcené la harcelait
Qader B., qui a retenu treize personnes dans un train, a harcelé pendant plus d’un an une employée d’un centre fédéral d’asile, révèle ce mardi le Pôle Enquête de la RTS.

Nouveau volet concernant la prise d’otages dans un train reliant Baulmes à Yverdon-les-Bains le 8 février. Pour rappel, Qader B. a retenu treize personnes pour exiger de parler à une employée d’un centre fédéral d’asile. Il a même menacé de s’en prendre aux passagers si elle n’acceptait pas de discuter avec lui. Ce mardi, le Pôle Enquête de la RTS a dévoilé que ce requérant d’asile avait en fait harcelé cette femme pendant un an et demi.
Qader B. rencontre «Carine» (surnom donné par la RTS) lorsqu’il est placé dans la structure d’hébergement temporaire de la caserne des Rochat. «Carine» le côtoie quotidiennement, car elle «s’occupe de l’encadrement des demandeurs d’asile. Selon plusieurs sources, Qader B. la drague un peu, mais elle n’entre pas en matière», écrit la RTS.
En novembre 2022, le Kurde iranien est réattribué au canton de Genève. C’est au moment de son transfert qu’il trouve le nom de famille de «Carine» et ses réseaux sociaux pour lui déclarer sa flamme. Elle refuse ses avances et le bloque. Un membre du personnel du centre confirme à la RTS «qu’il n’y avait jamais eu de jeu de séduction entre eux».
Harcèlement physique
Si Qader B. est bel et bien hébergé à Genève, cela ne l’empêche pas de venir «faire le pied de grue devant la caserne des Rochat» pour voir «Carine». «Des employés du centre fédéral lui demandent de ne plus venir, mais il n’obéit pas», précise le média. Les forces de l’ordre doivent intervenir plusieurs fois et «Carine» est même transférée quelques semaines dans un autre centre, à Boudry, pour décourager son harceleur.
L’employée décide de déposer une plainte contre le requérant pendant l’été 2023. Mais le jour où elle doit donner sa déposition, un agent refuse de l’enregistrer. Pourquoi? La police cantonale vaudoise a répondu ceci à la RTS: «aucun article du Code pénal ne dénonce le harcèlement dont elle a été victime. Au vu des faits exposés, aucune plainte pénale n’a pu être enregistrée.»
Confrontation et hospitalisations
«Carine» décide alors de confronter directement Qader B. à la caserne des Rochat. «Le requérant d’asile est resté très calme et il a beaucoup pleuré. Il a dit qu’il ne reviendrait plus à la caserne et qu’il partirait mourir en Ukraine», expliquent deux témoins de la scène à nos confrères.
Mais, obsédé par cette femme, le Kurde iranien revient à plusieurs reprises au centre d’hébergement. La RTS révèle qu’il a même été plus d’une fois hospitalisé de force à Genève pour des «délires paranoïaques» concernant «Carine». Puis, en septembre 2023, Qader B. disparaît de sa vie.
C’est lors de la prise d’otages qu’il réussit à rentrer en contact avec «Carine» via le téléphone d’un otage. Il l’oblige à venir, mais elle refuse. Une patrouille vient toutefois «la chercher pour la conduire sur les lieux de la prise d’otages», rappelle la RTS. Quand elle arrive sur place, un agent l’informe que l’opération est terminée, sans lui dire «que le preneur d’otages a été tué par un policier».
C’est sur internet qu’elle découvre qu’il a perdu la vie. La RTS dévoile enfin que l’employée est aujourd’hui en état de choc et serait en arrêt de travail.
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