Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

LivePrimes d’assurance maladie 2025 (direct)
«Double peine», pour le responsable de la politique sociale au Centre patronal
Évolution des primes moyennes par canton
Evolution des primes et des salaires. La grimace…

Merci d’avoir suivi cette journée avec nous

Les rédactions de «24 heures» et de la «Tribune de Genève» vous remercient d’avoir suivi l’actualité de ce jeudi 26 septembre avec nous. Cette journée a été marquée par l’annonce du Conseil fédéral sur la hausse des primes maladie en 2025.

En Suisse, la moyenne de l’augmentation s’élève à 6%. Nos journalistes Caroline Zuercher et Delphine Gasche ont décortiqué les chiffres et vous proposent une analyse détaillée. Pour lire leur article, cliquez ici: les primes augmenteront de nouveau de 6% en 2025.

Pour comparez les primes 2025 dans le canton de Vaud, cliquez ici.

Pour en lire davantage sur l’augmentation des primes dans le canton de Genève, voici notre interview de Pierre Maudet: «La commercialisation de la santé a échoué».

À bientôt sur toutes nos plateformes pour découvrir l’actualité de vos régions et de la Suisse.

Notre éditorial: c’est le jour de la marmotte

Les différents acteurs du système de santé doivent laisser leurs intérêts de côté et chercher des compromis pour espérer arriver à des solutions en matière de primes, écrit notre journaliste Caroline Zuercher dans son éditorial. «Arrêtons de chercher la culpabilité chez les autres».

Pour lire la suite de notre éditorial, cliquez ici.

«Pour arriver à une solution, tous les acteurs, patients compris, doivent être entendus. Mais ils doivent surtout accepter que la solution retenue ne sera pas exactement celle qu’ils veulent».

«Impossible? C’est probable, mais tant que cela ne changera pas, nous pourrons encore et toujours publier ce commentaire. Et l’histoire va se répéter, à l’image du «Jour de la marmotte» au cinéma».

Il faut changer la gouvernance du système de santé, selon Le Temps

Le système de santé suisse fournit encore de très bonnes prestations, mais sa gouvernance est à bout de souffle, estime le journal Le Temps. Il est grand temps d’en simplifier le pilotage et de remettre en question le fédéralisme.

«Si même l’électrochoc de ces hausses consécutives ne parvient pas à réveiller le cadavre, c’est qu’il faut l’enterrer. Ne pas laisser l’indignation tourner à la rengaine et oser un reset: changer la gouvernance du système de santé», écrit Le Temps. «Les voyants sont au rouge vif pour les prochains mois et années, notamment à cause du sous-financement dont souffrent de plus en plus d’hôpitaux du pays.»

Le fédéralisme doit être remis en question, ajoute-t-il, en estimant que la dilution du pouvoir de décision freine la plupart des évolutions efficientes. «Le paquebot n’a que faire de ses 27 capitaines: ainsi organisés, les cantons et la Confédération sont incapables d’éviter l’iceberg», conclut le journal.

Hausse des primes au Tessin: un «coup très dur» selon les autorités

Avec une hausse de 10,5%, le Tessin enregistre la plus forte progression de tous les cantons pour les primes moyennes, toutes classes d’âge confondues. Le ministre tessinois de la santé parle d’un «coup très dur» pour la population.

L’augmentation des primes, la plus élevée de Suisse, va fortement peser sur les Tessinois, a expliqué jeudi Raffaele De Rosa à Keystone-ATS. Au Tessin, les coûts ont augmenté dans divers domaines, notamment ceux de la physiothérapie et des services de soins à domicile.

Avec la nouvelle hausse des primes, le ministre centriste craint une nouvelle augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’un subside. Actuellement, près d’une personne sur trois au Tessin bénéficie d’une réduction des primes, ce qui représente au total 110’000 personnes, constate le conseiller d’Etat.

Moratoire

Il y a tout juste dix jours, le parlement tessinois a été le premier à approuver un moratoire sur l’octroi de nouvelles autorisations d’exploitation aux organisations d’aide et de soins à domicile. Le canton veut ainsi limiter le nombre de telles organisations afin d’endiguer la croissance des coûts de la santé.

Cette mesure est motivée par une modification de la loi fédérale sur l’assurance maladie (LAMal). Le nouvel article 55b, entré en vigueur le 1ᵉʳ juillet, permet aux cantons d’introduire un moratoire sur l’octroi de nouvelles autorisations d’exploitation aux organisations d’aide et de soins à domicile.

Hausse de 6,5% à Genève: Pierre Maudet mise sur une caisse publique

A Genève, le ministre de la santé Pierre Maudet se fixe trois priorités pour agir sur le niveau des primes: la création d’une caisse cantonale publique, le développement des réseaux de soins et l’utilisation généralisée du dossier électronique du patient. Il compte aussi sur la prévention.

En 2025, la prime moyenne mensuelle dans le canton atteindra 477 francs, en hausse d’environ 29 francs. Cela correspond à une progression de 6,5%, légèrement supérieure à la moyenne suisse (+6%). «Cette augmentation très importante est à l’évidence une très mauvaise nouvelle pour les assurés genevois et pour les familles en particulier», a indiqué jeudi M.Maudet.

Lire notre article: En 2025, la prime des Genevois augmentera de 6,5%

«La forte densité de spécialistes constitue le principal facteur explicatif de l’augmentation», relève le chef du Département de la santé et des mobilités. Genève reste le canton où les primes sont en moyenne les plus élevées. «Les coûts liés aux laboratoires et à la médecine ambulatoire sont particulièrement élevés par rapport à la moyenne suisse», souligne M.Maudet.

«Rémunération par cas»

Afin d’agir sur le niveau des primes, M.Maudet mise sur la création d’une caisse cantonale publique, qui permettrait de couvrir les besoins des Genevois en améliorant la transparence et la maîtrise des coûts. Un groupe de travail présidé par l’ex-conseiller d’Etat David Hiler étudie la faisabilité d’une telle caisse cantonale publique.

Le ministre genevois de la santé compte aussi développer des réseaux de soins, qui fonctionneraient avec une rémunération par cas plutôt qu’à l’acte. Il plaide également pour le dossier électronique du patient, qui permettra d’éviter la duplication des actes.

Soins buccodentaires

Un autre axe privilégié par M.Maudet: la prévention. En Suisse, le marché de la santé représente 90 milliards de francs et la prévention ne mobilise que 2% des ressources, relève le magistrat qui veut changer de paradigme et faire en sorte de garder les gens en bonne santé. Genève a ainsi prévu d’augmenter ce budget de 30% pour atteindre 25,4 millions en 2025, annonce-t-il.

Il précise que les maladies chroniques non transmissibles représentent 80% des coûts. «Si nous arrivons à limiter le nombre de malades, nous réaliserons de véritables économies», ajoute-t-il. Il mise sur le Centre de la mémoire des HUG qui vise à réduire le risque de maladies dégénératives chez les 45-55 ans et sur un accès facilité aux soins buccodentaires, surtout chez les jeunes, afin de lutter contre le diabète.

Les idées pleuvent pour réduire les coûts de la santé

Les réactions pleuvent face à la forte hausse des primes d’assurance-maladie annoncée jeudi. Les partis de gauche veulent des mesures sociales, tandis que les milieux de la santé misent entre autres sur l’introduction du financement uniforme des prestations de santé. Les cantons latins lancent quant à eux une idée choc.

La hausse annoncée, qui a un effet majeur sur les subsides, va très fortement solliciter les budgets cantonaux, relève la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS). Le système de concurrence voulu par la LAMal ne fonctionne plus, estime-t-elle.

Lorsque de nombreux assurés changent de caisse pour tenter de limiter leurs dépenses en optant pour des assureurs proposant des primes plus avantageuses, ces derniers doivent à leur tour augmenter leurs primes l’année suivante, notamment pour reconstituer leurs réserves, avec le risque d’un nouvel exode d’assurés.

Prestations pour les plus âgés

Parmi diverses mesures, les ministres latins proposent notamment à la Confédération d’étudier l’opportunité de mettre en place un nouveau financement pour les prestations du «4e âge». «L’accroissement des moyens pour faire face au vieillissement ne peut plus se concevoir via le système actuel des primes et des contributions des cantons», relèvent-ils.

Pour le président de la Société médicale de Suisse romande (SMSR), Philippe Eggimann, la part la plus coûteuse des soins (les 65 ans et plus et les hôpitaux) pourrait recevoir une part plus importante de financement public.

Estimant que «le principe de solidarité absolue a atteint ses limites», il juge que cela donnerait notamment une capacité d’intervention plus importante aux pouvoirs publics pour une politique de santé publique dédiée.

Une votation importante en novembre

Pour la Fédération des médecins suisses (FMH), la hausse aurait pu être évitée, grâce à différentes possibilités de réformes. Elle évoque notamment l’introduction du financement uniforme des prestations de santé (EFAS), une réforme qui sera soumise au peuple le 24 novembre.

D’autre part, la révision du tarif ambulatoire «permettrait enfin une tarification appropriée et actualisée», estime la FMH. Cela nécessite toutefois l’introduction rapide du tarif à la prestation Tardoc, combiné à des forfaits ambulatoires appropriés.

Même son de cloche pour la faîtière des hôpitaux H+, qui déplore que le potentiel d’économies n’est pas exploité dans les transferts vers l’ambulatoire. Les forfaits ambulatoires combinés avec le tarif à l’acte Tardoc ainsi que le financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires contribueraient à pérenniser le secteur de la santé.

Planification hospitalière

La réforme EFAS représente une clé pour réduire les coûts, à hauteur de 1 à 3 milliards de francs, abonde la faîtière des assureurs Curafutura, qui demande aussi une amélioration de la planification hospitalière au niveau suprarégional. D’importantes économies sont également possibles dans le domaine des médicaments.

L’autre faîtière des assureurs, Santésuisse, juge très important d’introduire immédiatement des mesures de réduction des coûts. La directrice Verena Nold cite notamment la réduction des prix des médicaments et des analyses de laboratoire et une planification hospitalière suprarégionale.

SantéSuisse appelle également de ses voeux un désenchevêtrement des rôles multiples dans les cantons dans le domaine de la santé, une réduction de la bureaucratie et la mise en place d’un moratoire sur l’extension du catalogue des prestations.

Du point de vue de l’Organisation suisse des patients (OSP), tous les acteurs doivent être responsabilisés. Les profiteurs du système sont fortement incités à fournir le plus de prestations possible, mais sans transparence quant à leur utilité pour les patients.Trop de personnes gagnent de l’argent grâce à ce système et les payeurs de primes en souffrent.

Le PS «choqué»

Les partis aussi demandent des mesures rapides. «Choqué» par la hausse, le PS exige que les primes soient à l’avenir plafonnées et financées de manière plus solidaire. Pour les Vert-e-s, le système est à bout de souffle. Le parti écologiste demande l’instauration immédiate de primes proportionnelles au revenu et à la fortune, conformément à une motion déposée au Parlement.

A droite, le PLR estime que le financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières représente une solution concrète pour réduire les coûts de la santé tout en offrant une meilleure médecine aux patients.

Les libéraux-radicaux veulent aussi renforcer les modèles d’assurance alternatifs et soulager le porte-monnaie de la population au moyen de contrats pluriannuels, de franchises plus élevées, d’un approvisionnement intégré, ou du dossier électronique du patient.

Partageant sa «vive inquiétude» par rapport à cette hausse, le Centre propose entre autres de renforcer les professions liées aux soins de premier recours, de promouvoir les réseaux de soins intégrés ainsi que les régions de soins suprarégionales ou encore de créer plus de transparence.

Interrogée, l’UDC a indiqué ne pas vouloir prendre position.

Société médicale de Suisse romande: financement à repenser

La Société médicale de Suisse romande (SMSR) regrette la nouvelle hausse des primes annoncée jeudi, une nouvelle fois plus importante que la hausse réelle des coûts. Elle appelle à repenser le système de financement, «avec nuance».

«Le principe de solidarité absolue a atteint ses limites», affirme le président de la SMSR, Philippe Eggimann, à Keystone-ATS. Selon lui, la part la plus coûteuse des soins (les 65 ans et plus et les hôpitaux) pourrait recevoir une part plus importante de financement public.

Occasion manquée

Cela donnerait notamment une capacité d’intervention plus importante aux pouvoirs publics pour une politique de santé publique dédiée, ajoute-t-il.

M. Eggimann déplore en outre, qu’«à cause des conflits et des positions intransigeantes d’un peu tout le monde», on ait manqué l’occasion de freiner les coûts de la santé, par exemple dans l’introduction de la nouvelle structure tarifaire Tardoc, où l’on a perdu plusieurs années.

A ses yeux, l’introduction du financement uniforme des prestations stationnaires et ambulatoires, soumise en votation le 24 novembre, permettrait de remettre en parallèle les évolutions des primes et des coûts.

Une des plus fortes hausses de Suisse dans le Jura

Le canton du Jura va enregistrer en 2025 la 2e plus forte augmentation moyenne de primes LAMal (+8,9%) de Suisse. Pour les adultes dès 26 ans, la hausse est même de 9,2%. La progression est liée en partie à la structure de la population, qui est plus âgée. Des éléments restent inexplicables pour le canton.

Jacques Gerber, ministre de la santé, a déclaré à Keystone-ATS que le Jura est le canton qui a la proportion de population de plus de 65 ans la plus importante de Suisse. Cet effet structurel représente 40% de la hausse.

Pour le reste, le canton s’interroge sur l’augmentation annoncée des coûts dans certains domaines comme celui des médicaments et des EMS par exemple. «On nous annonce une hausse de 20% dans les EMS alors que le canton avait chiffré 5 à 6%. On n’arrive pas à expliquer cette différence», a ajouté Jacques Gerber.

Le ministre pointe du doigt les modèles alternatifs, auxquels la population jurassienne adhère plus qu’ailleurs en Suisse. «Plus personne n’a que l’assurance de base qui est trop chère et les modèles alternatifs engendrent des effets qu’on ne contrôle pas».

Le canton n’arriverait ainsi pas à couvrir les coûts réels et les caisses mettraient en avant des effets de rattrapage. «Il y a du flou dans les explications données par les assureurs», a ajouté Jacques Gerber. Le ministre déplore qu’il n’y ait pas de réelle politique de santé en Suisse mais un système qui s’est créé par défaut.

Tous les acteurs doivent être responsabilisés, estime l’OSP

Pour l’Organisation suisse des patients (OSP), l’augmentation des primes représente avant tout une charge importante pour les ménages. De son point de vue, tous les acteurs doivent être responsabilisés.

Les profiteurs du système sont fortement incités à fournir le plus de prestations possible, mais sans transparence quant à leur utilité pour les patients, a indiqué l’OSP à Keystone-ATS. Trop de personnes gagnent de l’argent grâce à ce système et les payeurs de primes en souffrent, dénonce l’organisation.

Le canton de Fribourg estime que le système a atteint ses limites

Après celle de 2024, la nouvelle forte hausse des primes maladie rappelle «la difficulté de piloter le secteur avec le cadre légal actuel», estime le canton de Fribourg. En 2025, la prime moyenne fribourgeoise mensuelle toutes catégories d’âge confondues augmentera de 6,9%.

Malgré les efforts, notamment via un moratoire sur l’installation de certaines spécialités médicales et sur les équipements lourds, le renforcement de la médecine de famille ou encore le programme cantonal de promotion de la santé et de la prévention, «les résultats sur les coûts ne sont pas perceptibles», a indiqué jeudi la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS).

Limites atteintes

«La hausse récurrente des primes depuis plusieurs années a des effets conséquents sur les budgets des ménages ainsi que sur ceux du canton», ont précisé les services du conseiller d’Etat Philippe Demierre. «Le système a atteint ses limites et la situation appelle une réforme en profondeur du système», insiste le communiqué.

Plus d’un quart de la population fribourgeoise bénéficie d’une réduction des primes, signale encore la DSAS. Pour 2025, 226,3 millions de francs, en hausse de 11,9 millions sur un an, ont été prévus au budget. Depuis quelques années, l’accès à cette prestation sociale est facilité dans le canton.

Les personnes pouvant être concernées par une réduction sont contactées directement par un courrier de l’Etablissement cantonal des assurances sociales. Le taux d’augmentation des primes pour 2025 à Fribourg est à comparer sur le plan suisse à une hausse moyenne de 6%.

L’an prochain, la prime mensuelle moyenne suisse s’élèvera à 378,70 francs, a fait savoir l’Office fédéral de la santé publique. Le montant se situe à 357,90 francs à Fribourg, ce qui fait que le canton affiche toujours une des plus basses primes de Suisse latine. Seul le Valais présente une prime moyenne inférieure de 90 centimes.

Pour la CLASS, le système de concurrence ne fonctionne plus

L’importante augmentation des primes annoncée jeudi, qui a un effet majeur sur les subsides, va très fortement solliciter les budgets cantonaux, relève la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS). Le système de concurrence voulu par la LAMal ne fonctionne plus, estime-t-elle.

Lorsque de nombreux assurés changent de caisse pour tenter de limiter leurs dépenses en optant pour des assureurs proposant des primes plus avantageuses, ces derniers doivent à leur tour augmenter leurs primes l’année suivante, notamment pour reconstituer leurs réserves, avec le risque d’un nouvel exode d’assurés, soulignent les ministres des affaires sanitaires et sociales des cantons de Berne, Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel, Tessin, Valais et Vaud.

Pour eux, une réforme en profondeur du système de santé est urgente, d’autant plus au vu du vieillissement de la population. «La vision hospitalo-centrée actuelle doit rapidement être repensée au profit d’une vision plus large, accordant une place importante à la promotion de la santé et la prévention, à la médecine de premier recours, ainsi qu’aux soins chroniques et de longue durée, en favorisant un parcours de soins intégrés pour les patients».

Appel à la Confédération

Les ministres latins appellent la Confédération à prendre rapidement des mesures dans ses champs de compétence pour réduire les coûts de la santé. Et de citer la réduction du prix des médicaments, la lutte contre la surconsommation de prestations médicotechniques spécialisées et l’investissement dans la promotion de la santé et la prévention.

La CLASS préconise aussi la redistribution des formations en faveur des soins de premier recours, l’implémentation accélérée du dossier électronique du patient et l’élargissement des compétences des professions paramédicales, permettant d’économiser des consultations médicales. L’opportunité de mettre en place un financement des prestations du «4e âge» devrait aussi être étudiée.

Le Parlement doit agir «urgemment», selon Rebecca Ruiz

La ministre vaudoise de la santé Rebecca Ruiz demande au Parlement fédéral de prendre «urgemment» des mesures pour contenir l’augmentation des primes maladie. Et d’autant plus que le vieillissement de la population «va continuer à générer plus de soins.»

En 2025, la prime moyenne mensuelle dans le canton de Vaud atteindra 423 francs, en hausse d’environ 25 francs par rapport à cette année. Cela correspond à une progression de 6,4%, légèrement supérieure à la moyenne suisse (+6%).

Dispositif de 10%

Grâce au système vaudois de subsides qui limite les charges d’assurance-maladie à maximum 10% du revenu déterminant, un tiers de la population vaudoise – environ 292’000 personnes à fin août 2024 – sera moins touché par l’évolution des primes.

«Ce dispositif du 10%, unique en Suisse, permettra de protéger la classe moyenne contre cette hausse, comme l’an dernier», remarque Rebecca Ruiz, dans une prise de position envoyée à Keystone-ATS.

La cheffe du Département de l’action sociale et de la santé (DSAS) rappelle aussi qu’elle a annoncé mardi une hausse des allocations familiales de 7%, qui «permettra de fortement atténuer la hausse des primes des enfants.»

Site internet dédié

Dans le sillage de la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales, le DSAS demande à Berne de réduire le prix des médicaments et de lutter contre la surmédicalisation. Il convient aussi «d’analyser la mise en place d’un financement des prestations des personnes très âgées, car l’accroissement des moyens pour faire face au vieillissement ne peut plus se concevoir via le système actuel des primes et des contributions des cantons», poursuit le DSAS dans un communiqué.

Le DSAS encourage aussi la population vaudoise, y compris les personnes bénéficiant de subsides, «à optimiser ses primes pour maintenir autant que possible son pouvoir d’achat». La page internet – www.vd.ch/primes – explique comment s’y prendre. Elle propose également des lettres types pour effectuer ces modifications et listera les séances d’information qui auront lieu prochainement dans les différentes régions du canton.

La gauche veut des mesures sociales

La gauche demande des mesures sociales pour faire face à l’importante hausse des primes d’assurance-maladie annoncée jeudi. Le PLR s’oppose à l’inverse à des mesures «socialistes».

Le PS se dit «choqué» de la nouvelle «explosion» des primes d’assurance-maladie, qui pèsera encore plus lourd sur la population. Les primes doivent à l’avenir être plafonnées et financées de manière plus solidaire, exige le parti à la rose.

«L’explosion des primes suit la logique du programme de démantèlement de Karin Keller-Sutter: la population paie le prix fort, sans que les assurances et l’industrie pharmaceutique ne soient mises face à leurs responsabilités. Ces dernières s’opposent également à la maîtrise des coûts de la santé», assène Mattea Meyer, conseillère nationale (ZH) et co-présidente du PS.

Pour les Vert-e-s, le système est à bout de souffle. Le parti écologiste demande l’instauration immédiate de primes proportionnelles au revenu et à la fortune, conformément à une motion déposée au Parlement. «Ce dernier aura l’opportunité, probablement lors de la session d’hiver, de mettre enfin un terme au système injuste des primes par tête».

Le PLR veut des modèles alternatifs

«Cela ne peut pas continuer ainsi», lance le PLR, qui note que la hausse des primes se fera sur le dos des familles et de la classe moyenne. Pour le parti de centre-droit, le financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières, soumis au vote le 24 novembre, représente une solution concrète pour réduire les coûts de la santé tout en offrant une meilleure médecine aux patients.

Les libéraux-radicaux déplorent à ce titre que les dirigeants de l’UDC «se battent main dans la main avec les syndicats et le PS contre la réforme, en s’alignant de plus en plus sur des recettes socialistes». Le parti entend plutôt renforcer les modèles d’assurance alternatifs et soulager le porte-monnaie de la population au moyen de contrats pluriannuels, de franchises plus élevées, d’un approvisionnement intégré, ou du dossier électronique du patient.

«Un cartel»

Partageant sa «vive inquiétude» par rapport à cette hausse, le Centre propose entre autres de renforcer les professions liées aux soins de premier recours, de promouvoir les réseaux de soins intégrés ainsi que les régions de soins suprarégionales ou encore de créer plus de transparence.

«Le système de santé est devenu un cartel dans lequel les acteurs profitent du statu quo et empêchent les économies de coûts. Il est grand temps de procéder à des réformes efficaces», souligne le Valaisan Benjamin Roduit.

«Double peine», pour le responsable de la politique sociale au Centre patronal

«Cette hausse sera encore difficile à supporter, surtout pour les personnes qui paient elles-mêmes leurs primes. Pour elles, c’est la double peine parce qu’elles paient deux fois: une fois leur prime, et une fois les impôts pour financer les subsides», Brenda Duruz-McEvoy, responsable de la politique sociale au Centre patronal.

«Pour nous, le financement uniforme des soins fait partie de la solution, nous espérons que la population l’accepte à la votation de novembre. Le canton de Vaud n’a ni la maîtrise des coûts, ni de la planification hospitalière. Clairement, on cherche un pilote!»

Président de la CDS pour une meilleure collaboration hospitalière

Lukas Engelberger, président de la Confédérence des directeurs cantonaux de la santé (CDS), estime que tous les acteurs du système sont tenus de prendre des mesures pour maîtriser les coûts de la santé. La réglementation sur le financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières, soumise au vote le 24 novembre, est un grand pas en avant.

Lukas Engelberger, chef du département de la santé du canton de Bâle-Ville, se montre pragmatique face à la croissance des primes de 6 % au niveau national. En principe, l’évolution des primes suit celle des coûts. «Pour réduire la charge des primes, il faut donc aussi endiguer la croissance des coûts», a-t-il déclaré jeudi à l’agence Keystone-ATS.

De plus, une grande partie de l’augmentation est due à des facteurs sur lesquels la politique de santé n’a aucune influence. Il s’agit notamment de l’évolution démographique, du renchérissement en général, de l’augmentation des dépenses des fournisseurs de prestations en raison de la pénurie de personnel qualifié et du changement de comportement des assurés, a expliqué Lukas Engelberger.

La prochaine votation sur la réglementation du financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires, soutenue par les cantons, est une opportunité pour endiguer les coûts de la santé, estime le président de la CDS. «Le financement uniforme permettrait notamment d’éliminer les obstacles au transfert du secteur stationnaire vers le secteur ambulatoire, qui permet de réduire les coûts».

La planification hospitalière, en partie génératrice de coûts, est toujours entre les bonnes mains, celles des cantons, estime Lukas Engelberger. La Confédération n’est pas assez proche de la réalité de l’approvisionnement. Toutefois, il est toujours possible de développer encore la collaboration au-delà des frontières cantonales.

Évolution des primes moyennes par canton

Guide complet et lettres types pour changer de caisse ou de modèle

Le site priminfo.ch de la Confédération fournit une foule de conseils sur les manières de réduire ses primes et d’informations sur les modalités de résiliation ou de changement de modèle. Petit récapitulatif.

Rédigé en «langue facile à lire», le site propose par exemple diverses lettres types à disposition des assurés qui souhaiteraient résilier leur assurance de base, envoyer une demande d’affiliation, modifier leur franchise, adopter un nouveau modèle d’assurance, etc.

Toute demande de résiliation de contrat pour 2025 auprès de son assurance doit parvenir à la caisse-maladie concernée avant le 30 novembre. L’OFSP recommande d’envoyer sa requête par courrier recommandé ou courrier A-Plus avant le 15 novembre.

Toute personne a le droit de s’affilier auprès d’une nouvelle caisse dans l’assurance de base. Il n’est pas nécessaire de remplir un questionnaire de santé, et les caisses sont tenues d’accepter toute demande.

Aucun changement avant le 31 décembre

Aucun changement de caisse n’est cependant possible si l’assuré n’a pas payé tout ce qu’il doit à son assureur avant le 31 décembre.

Concernant les changements de franchise, les assurés en désirant une plus basse doivent en informer leur caisse avant le 30 novembre. Ceux (ou celles) en voulant une plus élevée ont jusqu’au 31 décembre pour faire la démarche.

Pour les complémentaires, les délais de résiliation diffèrent généralement et sont contenus dans les dispositions générales du contrat.

De leur côté, les caisses-maladie ont jusqu’au 31 octobre pour informer les assurés des primes qui les attendent en 2025.

Priminfo.ch apporte par ailleurs diverses recommandations de santé susceptibles d’alléger les dépenses des assurés.

«Inertie comportementale»

Malgré les nouvelles hausses, les assurés prêts à changer de caisse restent largement minoritaires. Un sondage de HelloSafe.ch réalisé ces dernières semaines auprès de 949 résidents suisses révèle que seuls 37,4% d’entre eux se disent «intéressés par un changement de caisse-maladie». Ces personnes expliquent leur fidélité par le fait que la réalisation d’économies ne représente pas pour elles une motivation pour changer de caisse, ou alors par le fait qu’elles sont satisfaites des prestations de leur assureur.

Ces résultats peuvent s’expliquer «par une certaine inertie comportementale, souvent liée à la complexité perçue des démarches administratives ou à la crainte d’une diminution de la qualité des prestations», note Alexandre Desoutter, rédacteur en chef de HelloSafe Suisse. Pour 2024, 17% des assurés ont changé de caisse. Ils étaient 19% pour 2023.

A noter que les modèles classiques du «libre choix du médecin» ou du «médecin de famille» restent majoritaires, recueillant les faveurs de près de 60% des assurés. Le modèle du «centre de soins» ne séduit environ que 10% des sondés, et celui du centre de télémédecine, 20%.

Elisabeth Baume-Schneider espère un oui au projet EFAS en novembre

Selon la ministre de la santé Elisabeth Baume-Schneider, le projet de financement uniforme des prestations de santé ambulatoires et hospitalières permettra d’alléger la charge des payeurs de primes. Elle espère donc que le oui l’emportera le 24 novembre.

Pour pouvoir annoncer des primes plus basses, il faut agir sur les coûts. Et le projet de financement uniforme (Efas) fait partie des voies pour freiner les hausses. Comme il faut du temps pour que ce projet puisse être mis en œuvre, elle espère que le projet sera accepté, pour le bien des payeurs de primes.

La campagne sur cet objet n’a pas encore été officiellement lancée, mais inofficiellement elle semble l’être. Plusieurs orateurs ont également mentionné ce projet lors des débats au Conseil des Etats jeudi matin.

Il n’est pas agréable d’annoncer des hausses de primes massives dans certains cantons, a déclaré la ministre jeudi à Berne devant les médias. L’année prochaine, il y aura aussi une augmentation, mais elle espère que ce ne sera pas dans les mêmes proportions.

Il y a une volonté d’agir, a assuré Mme Baume-Schneider. Celle-ci mise aussi sur les modèles alternatifs et les projets pilotes dans les cantons : «Ils nous permettent de voir ce qui est efficace ou non contre les coûts élevés»

Evolution des primes et des salaires. La grimace…

Curafutura: le financement uniforme, une clé pour réduire les coûts

Il faut agir de toute urgence pour alléger la charge financière pesant sur les assurés, estime Curafutura. Selon elle, la réforme du financement uniforme, soumise en votation le 24 novembre, permettra de réduire les coûts et de réaliser des économies à hauteur de 1 à 3 milliards de francs.

Dans un communiqué publié jeudi, la faîtière des assureurs demande aussi une amélioration de la planification hospitalière au niveau suprarégional. Avec 278 hôpitaux, la Suisse compte nettement trop d’établissements.

Les assurés paient chaque année un prix élevé pour cette offre excédentaire. Selon curafutura, les surcapacités doivent être financées par des traitements superflus qui vont «au-delà de ce qui est médicalement nécessaire».

D’importantes économies sont aussi possibles dans le domaine des médicaments, qui représente un quart des coûts à charge de l’assurance de base. Curafutura demande des baisses de prix automatiques pour les médicaments générant un chiffre d’affaires élevé (plus de 20 millions de francs par année).

Cette mesure permettrait des économies de 400 millions de francs par année. Elle est incluse dans le deuxième paquet de mesures de maîtrise des coûts dans les mains du Parlement.