Il aura manqué 1,5 point à Jean-Luc Mélenchon pour passer la barre du premier tour. Une broutille. Si toute la gauche combative avait saisi la dynamique de ce front unique électoral en construction, nous aurions aujourd'hui un duel Mélenchon-Macron, et qui sait, une victoire possible de gauche. Ceci aurait constitué un puissant encouragement aux mobilisations populaires.
Dans un autre contexte, rappelons-nous que c’est la victoire électorale du front populaire, en dépit de son programme modéré, qui a donné le coup d’envoi de la grève générale de mai-juin 1936 en France. Sa défaite n’aurait sans doute pas allumé les mêmes espoirs.
Pour la première fois, le vote efficace pointait vers la gauche qui résiste. Il ne s’agissait plus de demander aux classes populaires de faire front à l’extrême droite en mettant dans l’urne un bulletin social-démocrate pour faire élire un quelconque François Hollande, appliquant une politique à la Macron. La France insoumise et son Unité populaire pouvaient apparaître comme une volonté de changer profondément la donne, d’ouvrir de nouveaux possibles, de reconstruire une gauche résistante large.
La hausse spectaculaire du score de Jean-Luc Mélenchon, dont la campagne a permis de plus que doubler les intentions de vote annoncées en décembre 2021 , le portant à 22% des suffrages ce dimanche, en est la démonstration percutante. Pour la première fois depuis bien longtemps, dans un contexte de crise sanitaire et sociale, un front de gauche se présentait devant le corps électoral, avec un programme de défense des salaires, des retraites, des services publics, des prestation sociales, qui refusait de surcroît toute concession au discours sécuritaire et raciste ambiant. Un rejet du basculement de la vie politique française sur le terrain de l’extrême droite.
Le refus des autres formations de la gauche combative de se rassembler derrière cette candidature antilibérale condamne les classes populaires à un non-choix le 24 avril prochain, entre celui qui n’a cessé de faire monter l’extrême droite et l’extrême droite elle-même. À quoi la candidature du PCF a-t-elle bien pu servir, si ce n’est à priver Mélenchon des 1,5% des voix qui lui manquaient pour passer devant Le Pen, conduisant Fabien Roussel à appeler à voter Macron ? Tout cela au détriment des intérêts populaires.
Aujourd'hui, le risque d'une victoire de l’extrême droite n'a jamais été aussi grand. Et celles et ceux qui n'y voient qu'une péripétie électorale de plus auront, je le crains, de fort mauvaises surprises. Les présidentielles françaises montrent ainsi à quel point l'unité électorale de la gauche combative, quelles que soient ses différences, est un impératif face à une politique néolibérale toujours plus brutale, et pour cela, à une extrême-droite en progrès constant. Raison de plus pour appeler les formations politiques et les militants de la gauche combative à former une liste unitaire sur un programme de lutte, aux élections cantonales genevoises du 2 avril 2023.
C’est dans cette optique qu’Ensemble à Gauche-Genève s’est ouverte aux adhésions individuelles. Cette force unifiée et démocratique milite pour la construction d'une liste commune de la gauche de la gauche, sur laquelle les groupes qui tiennent à conserver leur indépendance pourront garder leur identité, sans exclusive à l'égard d’aucun candidat. Il n’y a pas une minute à perdre !
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.















L’invitée – Présidentielles françaises: des leçons pour la gauche qui résiste