Affluence record à FribourgPourquoi 9023 personnes ont assisté à un match d’unihockey
Plus qu’une rencontre sportive, c’est un show bien ficelé qui a rempli la BCF Arena, dimanche lors de la Superfinale. Des Romands racontent leur expérience.

Des joueurs accueillis sous des arceaux de lumière et dans un écran de fumée. L’hymne national. Des danseurs qui chauffent l’ambiance avant les matches. Des effets sonores et lumineux à chaque interruption de jeu. Un trophée remis sous les confettis et le «We are the champions» de Queen. Et plus de 9000 spectateurs (guichets fermés) pour assister au spectacle. Non, nous ne sommes pas à la finale du Championnat de hockey sur glace entre le LHC et Zurich, mais bien à la Superfinale d’unihockey.
Dimanche à Fribourg, le championnat de LNA (la L-UPL) a connu son épilogue dans une finale haletante, disputée en une seule rencontre. Jouée à guichets fermés, cette Superfinale a vu Zoug United s’imposer chez les hommes et les Jets de Kloten-Dietlikon chez les dames.

Jamais cet événement n’avait eu lieu en Suisse romande. La BCF Arena, fief de Fribourg-Gottéron, a été l’écrin parfait pour ce rendez-vous. Prisé des Alémaniques (ndlr: il y a 90% de licenciés suisses allemands en Suisse), ce sport a attiré de nombreux Romands, alors qu’aucune équipe francophone n’y jouait. Même le joueur vaudois de floorball Fribourg Basile Diem était présent sur les écrans géants de la patinoire pour le compte d’une publicité pour des cannes. Du jamais vu!

Parmi les Welsches présents parmi le public, Yvan Kulja n’a pas manqué ce rendez-vous. L’ancien président de l’Unihockey Club Glâne est venu en famille pour assister au show. La proximité de l’événement a été décisive pour lui. «C’est vrai que si la Superfinale avait été organisée à Kloten, nous n’aurions pas nécessairement fait le déplacement, raconte ce mordu d’unihockey. Ce sport se rapproche de nous. Avant on regardait ça à la télévision alémanique, maintenant, la Superfinale se déroule à quelques kilomètres de chez nous.»
Un car de 50 personnes est ainsi venu d’Aigle, club fraîchement promu en 1re ligue. On a aussi croisé des gens de Genève, de La Côte. Sans parler des joueurs de Fribourg-Gottéron qui ont assisté aux matches.

Dans les gradins, le public était aux anges. «Le seul bémol, c’est le parking à 15 francs», ronchonne une spectatrice. Pour le reste, le spectacle a été à la hauteur de l’événement avec deux finales serrées (les deux sur le score de 6-5). L’ambiance rappelait celle des grandes soirées de hockey sur glace. On n’a pas échappé au «Sweet Caroline» de Neil Diamond qui a fait plaisir aux Alémaniques présents. Ils ont entonné le «oh oh oh» du refrain à tue-tête. Le Heidiland n’est jamais très loin.
Des familles avec des enfants
«Je trouve fantastique d’avoir une structure comme la BCF Arena pour accueillir un match d’unihockey, constate Michel Ruchat, ancien président de la Région 1 de Swiss Unihockey et ex-président du club d’Yverdon. J’ai vu une grande diversité de spectateurs avec des familles, des enfants.» Accompagné de son fils Laurent, président fondateur de l’UC Yverdon, ancien joueur, entraîneur, sélectionneur et arbitre d’unihockey, Michel Ruchat évoquait les «pour» et les «contre» d’une finale disputée en un seul match et non en sept rencontres, comme au hockey sur glace.
«Rychenberg, l’équipe la plus populaire du championnat, a joué devant une moyenne de 1379 spectateurs, avec un pic à 1950. Les deux finalistes, Zoug United et Wiler-Ersigen ont eu cette saison une affluence moyenne respectivement de 311 et 469 spectateurs (ndlr: les finalistes dames ont une moyenne de 157 spectateurs à Zoug et 146 chez les Jets). C’est grâce à cette formule, que l’on peut atteindre une fréquentation de 9023 spectateurs. Pour attirer les gens, il faut créer l’événement.»

Mettre des étoiles dans les yeux est le meilleur moyen d’attirer des spectateurs. Avec des étrangers champions du monde sur le terrain, le public en a eu pour son argent. Les talents de l’unihockey ne s’y trompent pas. «Me retrouver un jour en Superfinale avec la pression de milliers d’yeux sur moi est un rêve que j’espère vivre un jour, raconte Enzo Bernabo, 16 ans, champion de Suisse avec Köniz et membre de l’équipe nationale M17. J’ai adoré voir la qualité des shoots des étrangers, leur vitesse d’exécution et leur sang-froid dans les instants décisifs.»

Le public est avant tout venu pour assister à du beau jeu, plus que pour soutenir une équipe. «Les finalistes ont été connus très tardivement, fait remarquer Frédéric Bernabo, le père d’Enzo et entraîneur à Köniz. Le public est venu pour assister à un événement incontournable d’unihockey. Il y avait certes des supporters des équipes présentes, mais le succès populaire va au-delà d’une affiche.»
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