Pour rattraper un retard, des trains ne s’arrêtent pas en gare

Pour que l’horaire entre certaines villes puisse être tenu, l’ex-régie renonce à desservir des stations. L’Office fédéral des transports examine s’il y a violation du devoir d’exploiter.

Le week-end dernier, un train reliant Berne à Zurich ne s’est volontairement pas arrêté aux gares argoviennes de Baden et de Brugg. Idem courant juin sur la ligne Zurich - Saint-Gall.

Le week-end dernier, un train reliant Berne à Zurich ne s’est volontairement pas arrêté aux gares argoviennes de Baden et de Brugg. Idem courant juin sur la ligne Zurich - Saint-Gall. Image: Jean-Christophe Bott/Keystone

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Intitulée «Pourquoi les CFF laissent-ils parfois tomber un arrêt de train?» une prise de position publiée en milieu de semaine sur le site internet de l’ex-régie fédérale est passée complètement inaperçue en Suisse romande. Et pour cause: ledit communiqué n’apparaît que sur la page web en allemand, rubrique «SBB News».

«Lorsqu’un train arrive en retard dans une gare, ses passagers sont en retard: ils ont peut-être manqué leur correspondance. Ceux qui montent dans ce train sont également en retard et manqueront aussi leur correspondance, etc.», lit-on dans ce communiqué visant à susciter une certaine compréhension auprès des usagers. Un effet domino sur un réseau saturé (1,26 million de clients à transporter chaque jour à bord de quelque 9000 trains) que les CFF disent vouloir limiter au maximum en prenant certaines mesures. Telles que «la non-desserte d’une gare, afin de permettre à un train de rattraper son retard et d’effectuer le reste du trajet en étant à l’heure». Le recours à cette solution doit cependant être «rare», «seulement en cas d’absolue nécessité», conclut l’ex-régie, qui n’a pas souhaité faire d’autre commentaire hier.

Cas de force majeure?

Vendredi dans les colonnes du «Tages-Anzeiger», un porte-parole des CFF a estimé que cette mesure affecterait chaque mois un train sur 300 000. Sans que l’entreprise ne contrevienne pour autant à ses obligations légales de transport (ndlr: auquel cas les lésés pourraient prétendre à des dommages-intérêts). L’Office fédéral des transports (OFT) n’en est pas si sûr: l’ex-régie a été priée de s’expliquer à la suite de la décision de ne pas s’arrêter dans deux gares le week-end dernier entre Berne et Zurich, ont rapporté nos confrères de l’«Aargauer Zeitung».

La loi sur le transport des voyageurs et le message du Conseil fédéral qui s’y rapporte stipulent qu’une dérogation à l’obligation d’exploiter ne peut être invoquée «qu’en cas de force majeure». À savoir, des intempéries ou des pannes.

«Loi du plus grand nombre»

«Les retards n’entrent clairement pas en ligne de compte: l’OFT est très clair sur la question!» réagit l’ancien cheminot Jean-Pierre Étique, devenu secrétaire syndical au Syndicat du personnel des transports (SEV). «Cela signifie simplement que les CFF ne respectent pas leur mandat et qu’ils méprisent une grande partie de leur clientèle pour permettre aux gens importants de prendre leur correspondance à Zurich. Ou pour que son patron puisse dire qu’il dirige la compagnie la plus ponctuelle d’Europe, voire du monde. C’est scandaleux!»

«Ils font la loi du plus grand nombre alors que le service public, c’est la loi du plus petit nombre», lance pour sa part le conseiller aux États Olivier Français (PLR/VD). «Ce n’est pas acceptable d’entendre que cette mesure peut être décidée de temps en temps.» Du côté de la Fédération romande des consommateurs, sa secrétaire générale, Sophie Michaud Gigon, met en garde contre un recours abusif à cette solution. «Il ne faudrait pas que cela devienne une solution de facilité, sinon cela voudrait dire que la qualité de l’offre diminue. Ce qui devrait entraîner une baisse des tarifs.»

Créé: 06.07.2019, 23h00

Série noire: nombreux trains annulés vendredi et samedi

Fin de semaine compliquée sur le réseau ferroviaire romand. Hier matin, la ligne reliant le Valais à Lausanne a connu de nombreuses perturbations à la suite d’un accident de personne.

Des retards et suppressions de train ont également été signalés dans le canton de Neuchâtel en raison de «problèmes techniques», nous explique Roberta Trevisan, porte-parole aux CFF.

Vendredi vers 18 heures, deux TGV au départ de Genève ont dû rester à quai pour cause de «rails déformés» sous l’effet de la chaleur. Cent cinquante personnes ont été affectées. «Certains ont pu dormir dans un abri d’urgence de la protection civile, d’autres ont préféré passer la nuit en gare, en restant dans les trains», précise Roberta Trevisan.

Pour la journée d’hier, les 4000 à 5000 passagers concernés ont fini par arriver à destination grâce à la mise en place d’une déviation via Lausanne, ainsi que d’un service de bus en direction de Bellegarde (F).

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