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SociétéPour que la mode s’intéresse au handicap

La mode inclusive tient compte des besoins spécifiques des personnes handicapées. Un colloque y est consacré.

Teresa Maranzano, responsable du programme Mir’arts à l’association ASA - Handicap mental.
Teresa Maranzano, responsable du programme Mir’arts à l’association ASA - Handicap mental.
Capture d’écran Youtube / HUG

Qui, parmi les bien portants, sait qu’il ne va pas de soi de bien s’habiller quand on est atteint d’un handicap? Longtemps, la société ne s’est pas souciée des besoins spécifiques et des difficultés que rencontrent les personnes handicapées. Les choses changent peu à peu et c’est pour accélérer le mouvement qu’un colloque sur la mode inclusive est organisé le 24 septembre à Genève. L’éclairage de Teresa Maranzano, responsable du programme Mir’arts à l’association ASA - Handicap mental, à l’origine de cette initiative.

Qu’est-ce-que la mode inclusive?

C’est la mode qui s’adapte à celles et ceux qui sortent des canons de beauté habituels et qui souffrent d’un handicap. Nous voulons susciter l’intérêt des personnes concernées mais pas seulement. Les grandes marques ont un rôle à jouer: elles doivent tenir compte de la diversité de leur clientèle. Et les personnes en situation de handicap représentent une part de marché importante.

En quoi les personnes handicapées ont-elles plus de mal à s’habiller?

Elles ont plus de difficultés que les autres à trouver chaussure à leur pied, si je puis dire. Lorsqu’on vit sur un fauteuil roulant, par exemple, les habits ne sont pas adaptés aux mouvements que l’on doit faire pour se vêtir ou se dévêtir. Il suffirait parfois de remplacer des boutons par du velcro, par exemple. Les personnes qui n’ont pas l’usage de leurs bras, que ce soit à cause d’un handicap de naissance, d’un accident ou d’une maladie dégénérative, trouvent très utile d’avoir un vêtement avec des poches pour poser leurs mains. Ce sont des petits détails, mais qui peuvent tout changer.

Finalement, ces ajustements ne profiteraient pas qu’aux personnes handicapées.

Nous nous engageons pour améliorer le quotidien des handicapés mais tout un pan de la population en bénéficie. Prenez l’exemple des trottoirs abaissés pour les fauteuils roulants: ils arrangent aussi les parents qui ont une poussette. Dans les théâtres, l’État de Genève a mis en place des «soirées Relax»: durant certains spectacles, le public a le droit d’entrer et de sortir, de s’exprimer, la lumière reste tamisée. Cela a été pensé pour les personnes souffrant d’un handicap, mais cela arrange finalement beaucoup de monde.

Ce colloque est-il ouvert à tous?

Oui, à tous: personnes handicapées, artistes, designers, médiateurs culturels, directeurs d’institutions, etc. Notre objectif est d’améliorer la représentation des personnes qui, par leur fragilité, sont moins visibles dans notre société mais qui, comme tout un chacun, ont envie d’avoir un style, un look. La mode a tout intérêt à s’en préoccuper.

Colloque «Tu es canon», 24 septembre. De 9h à 16h30 à la salle communale du Petit-Lancy, 7-9, avenue Louis-Bertrand. Inscription jusqu’au 16 septembre en ligne: www.asahm.ch/events