Tuân Holla Back: La vie un crayon à la main

RencontreBien avant de devenir une personnalité internationalement reconnue dans le monde de l’illustration, le Genevois avait déjà le dessin dans le sang.

Repéré par un rappeur new yorkais, le Genevois a depuis tissé sa toile entre les Etats-Unis, la Suisse et le Japon.

Repéré par un rappeur new yorkais, le Genevois a depuis tissé sa toile entre les Etats-Unis, la Suisse et le Japon. Image: DR

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Né de parents vietnamiens, Tuân Holla Back se déclare néanmoins totalement Genevois. Bien avant de devenir une personnalité internationalement reconnue dans le monde de l’illustration, il avait déjà le dessin dans le sang: «Ma mère a conservé mon premier dessin. Il s’agissait d’un fœtus, j’avais 3 ans. Ça l’a marquée et elle a immédiatement pressenti que j’allais me lancer dans cette activité artistique. Elle ne s’est pas trompée, je vis l’essentiel de ma vie un crayon à la main», confie-t-il.

Notre interlocuteur est animé d’un vrai sens de l’amitié. C’est pourquoi il a décidé de collaborer avec son ami Matias Mariétan à l’organisation de la prochaine Geneva Cup, tournoi international réservé au moins de 16 ans (M16) et dont il s’est occupé des supports visuels. «Jusqu’ici, mes émotions footballistiques, je les ai surtout vécues devant une télévision. Ce qui m’a intéressé dans la Geneva Cup, c’est de permettre au futur de s’exprimer. J’aime aussi les valeurs qu’elle défend. Finalement, mon meilleur souvenir de foot, je l’ai désormais vécu en tant que dessinateur!» lance-t-il.

Mais au-delà de cette parenthèse ludique, c’est dans l’illustration que Tuân Holla Back – dont les observateurs qualifient le style d’original et d’actuel, associant la culture vietnamienne et la tradition – est devenu célèbre: «Influencé dès l’enfance par la bande dessinée franco-belge et la japanimation et les mangas, j’ai toujours dessiné. Mes parents m’ont très vite initié à la culture asiatique au travers de la musique ou du cinéma. Qu’ils soient chinois, coréens, japonais ou vietnamiens. De Ranma ½ à Tenchi Muyo et Neon Genesis Evangelion, j’ai aussi découvert les univers riches et variés, parfois drôles, parfois tragiques d’innombrables séries animées ou papier. Ce qui a nourri une créativité imprégnée de mes origines», explique Tuân Holla Back.

Durant sept ans, il a néanmoins freiné sa passion: «C’était pour poursuivre mes études universitaires, en lettres d’abord, avec mention français, anglais et histoire médiévale, puis en science politique et pour terminer par un master en communication et médias, mention journalisme. Riches et intéressantes, elles n’ont toutefois jamais débouché sur une activité professionnelle qui m’aurait passionné.»

C’est alors que son destin de créateur l’a rattrapé: «En avril 2008, je séjournais à New York. J’ai été contacté par Killa Sha, l’un de mes rappeurs préférés de Queensbridge, qui avait apprécié quelques-uns de mes anciens dessins. Ce quartier est connu pour la drogue, la violence, mais aussi ses talents bruts. C’est lui qui m’a remis sur les rails et de fil en aiguille mon réseau s’est élargi. Aux Etats-Unis, où se situe l’essentiel de ma production, mais aussi au Japon, en France et en Suisse. Si Killa Sha – décédé en 2010 – ne m’avait pas demandé de travailler avec lui, je n’aurais pas connu toutes les belles aventures que je vis aujourd’hui.»

Autre événement capital dans la carrière de Tuân Holla Back, son départ au Japon: «Je désirais habiter à Tokyo et j’y ai rencontré le rappeur Richee, du label Hood Sounc Inc, le plus grand du Japon. J’ai travaillé avec lui et son groupe Jack Rabbitz. De cette collaboration est née une belle amitié. C’est aussi dans l’Empire du Soleil levant que j’ai fait la connaissance de la chanteuse australo-japonaise Sarah Alainn. J’ai créé son logo et participé à l’élaboration de son album Sarah. Mais j’ai aussi publié plusieurs recueils d’illustrations, dont un constitué de dessins érotiques qui sortira bientôt. Enfin, je travaille surtout sur ce qui va devenir l’ouvrage de ma vie. Une bande dessinée manga en deux volets, L.O.V.E, et Cliché, un thriller qui se déroule à Genève et qui se déclinera en plusieurs tomes», conclut le dessinateur.

Créé: 22.05.2015, 08h09

Bio express

1984 Naissance le 10 février à Genève.
1987 Premier dessin conservé par sa mère.
2008 Rencontre avec le rappeur Killa Sha.
2010 Master universitaire en communication et médias.
2011 Départ au Japon. Rencontres avec Richee et Sarah Alainn.
2015 Création de la série manga L.O.V.E et Cliché.

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