Il part sur les traces des Romains

PortraitRencontre avec l'archéologue Marc Duret.

Lorsque Marc Duret n’est pas en train de faire des fouilles archéologiques, il simule des combats de légionnaires.

Lorsque Marc Duret n’est pas en train de faire des fouilles archéologiques, il simule des combats de légionnaires. Image: Laurent Guiraud

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Ce week-end, si vous participez à la Nuit des musées, il se pourrait bien que vous tombiez nez à nez avec Marc Duret. Où? Dans les sous-sols d’Uni Bastions. Signes distinctifs: il porte un casque, une cotte de mailles et des sandales. Déguisé en légionnaire pour l’occasion, il vous fera déguster des mets que les combattants romains mangeaient il y a de cela plus de deux mille ans. Au menu de cette animation prévue près de la collection des moulages de l’Université: petits pains du légionnaire, fromages, posca (eau vinaigrée) ou vin à la romaine.

Agé de 29 ans, le jeune homme est passionné d’histoire et d’Antiquité depuis sa plus tendre enfance. A 8 ans, il affirmait déjà vouloir être archéologue à ses parents libraires. «Après avoir obtenu ma maturité, j’ai rejoint le Collège en classique. Je savais que le latin et le grec me seraient utiles! Ensuite, c’est tout naturellement que je suis entré à l’Université pour étudier l’archéologie.» Fondateur de l’association Genva (en charge de la mise sur pied d’animations autour des légionnaires), il a également dirigé le comité d’organisation de la Nuit antique qui s’est déroulée à Genève le 24 avril. «Le but, c’est de faire connaître l’Antiquité au grand public, même si on constate que les Genevois n’ont pas besoin d’être convaincus!»

Fouilles à travers l’Europe

Après deux années à étudier la théorie sur les bancs de l’alma mater, Marc Duret foule pour la première fois le terrain en 2007. C’est dans le Jura qu’il effectue sa première sortie à la recherche de détails concrets remontant du passé. «Il ne s’agissait pas d’une fouille à proprement parler, mais d’une prospection. On détecte ce qu’il y a en surface. C’était un site qui aurait pu être un lieu de bataille entre des Helvètes et des peuplades gauloises. C’était sympa d’être enfin sur le terrain, de toucher de vrais objets antiques et d’essayer de deviner les chemins empruntés par les combattants en repérant des clous qui se trouvaient à l’origine sous les sandales romaines.»

Depuis lors, le Genevois dédie toutes ses vacances d’été à la fouille. En Bourgogne d’abord, sur le site de Bibracte, non loin d’Alésia. «César serait passé par là. Il s’agit certainement d’un des plus gros sites archéologiques gallo-romains de France.» Puis en Grèce où il passera de longs mois à fouiller le site d’Erétrie, situé au nord d’Athènes, avec une chance hors du commun. «Il s’est avéré que le terrain sur lequel nous fouillions contenait les thermes de la ville! Nous sommes d’abord tombés sur des murs, puis sur la mosaïque de galets des vestiaires, enfin sur les différentes pièces à bassins. Pendant six étés, nous avons continué ces fouilles. Nous avons abouti l’année passée et sommes actuellement en train de rédiger une publication sur ce site.»

Une thèse en Italie

Pour le jeune homme, le moment est venu de se tourner vers d’autres trésors. Du côté de l’Italie cette fois. «Je prépare ma thèse de doctorat sur la ville de Crotone, en Calabre. La période grecque de cette cité a été très étudiée. On sait par exemple que c’est ici que Pythagore avait son école ou encore que Milon, vainqueur des Jeux olympiques à de multiples reprises, y vivait. Par contre, on connaît peu de chose sur l’époque romaine.»

Afin de comprendre comment fonctionnait le territoire de cette cité, ce célibataire quittera Genève dès le mois de septembre. «Je vais d’abord passer trois mois à arpenter cette région, puis j’irai m’installer un semestre à Rome afin d’étudier les archives, notamment dans les musées.»

Une nouvelle page s’ouvre donc pour ce fan de tennis qui a toujours vécu à Genève. «J’ai grandi aux Grottes, puis j’ai emménagé aux Pâquis. Je n’ai jamais quitté le 1201! C’est donc une première pour moi. Je pense d’ailleurs que l’archéologie me mènera sous d’autres cieux par la suite. J’irai bien faire quelques recherches en Ecosse, par exemple.»

Créé: 12.05.2015, 18h11

Biographie express

1986 Naissance à Genève.
2005 Maturité au Collège Voltaire.
2005 Commence l’Université en archéologie et histoire.
2007 Premiers voyages archéologiques dans le Jura, puis en Bourgogne.
2008 Création de l’association Genva.
2008-2014 Passe ses étés sur le site d’Erétrie, en Grèce.
2011 Obtient son master en archéologie.
2011 Part prospecter en Calabre.
2013 et 2014 Fouilles en Albanie.
2014 Débute sa thèse de doctorat.
2015 Préside le comité d’organisation de la Nuit antique.
2015 Participe à la Nuit des musées.

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