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Le menuisier qui prend soin de Bernex

Marc Pasqualato est le seul artisan attitré de la commune. Il raconte.

Cet emploi spécialisé est plutôt rare parmi les communes du canton.
Cet emploi spécialisé est plutôt rare parmi les communes du canton.
Steeve Iuncker-Gomez

Un menuisier à plein temps au service de la commune de Bernex. Cet unique poste d’artisan parmi les métiers rattachés à la Voirie est occupé par Marc Pasqualato depuis cinq ans. Insolite, cet emploi spécialisé est plutôt rare parmi les communes du canton. En janvier prochain, le Genevois apprendra le métier à une apprentie du CFPT, et la suivra pendant toute sa formation, soit quatre ans en tout. Une première, pour lui comme pour Bernex, qui valorise par là ce métier du bois.

Mais que fabrique-t-il, au juste? «Je crée des agencements dans les bureaux de la mairie ou dans les appartements possédés par la Commune, j’installe des faux plafonds, des portes coulissantes et des cloisons, j’aménage des vestiaires à la Voirie, des caves ou encore des décors pour des manifestations, comme les rencontres musicales en août», énumère le Genevois de 33 ans, entre les machines imposantes de son atelier situé dans les locaux de la Voirie, recouvertes de sciure.

Et de nous faire visiter, en voiture, les œuvres dont il est le plus fier. De la nouvelle cuisine agencée à la salle des maîtres de l’école Robert-Hainard aux séparations garnies de tiroirs et de fermetures coulissantes dans les bureaux de la mairie — «il fallait donner plus de confidentialité à la responsable RH» — Marc est intarissable. Il passe la main sur les surfaces et son œil se souvient du poids des planches au mètre carré.

Gérer la commande de A à Z

S’il garde un bon souvenir de la variété des commandes dans le privé, Marc apprécie particulièrement la responsabilité des projets pour Bernex: «C’est agréable de pouvoir gérer la commande de A à Z. Bien sûr, je tiens compte des contraintes techniques et des demandes, par exemple un petit espace ne permettant pas des portes s’ouvrant vers l’extérieur, ou l’adaptation des plans de travail à la taille des employés, etc. Mais ensuite, j’assure la prise de mesure, la réalisation des plans, la fabrication à l’atelier, le transport, le montage et les finitions. Du coup, je suis plus attentif à la logique globale. En dessinant les plans, je tiens déjà compte du montage, par exemple.»

Un menuisier payé par la commune à 100%, n’est-ce pas des frais insensés pour les Bernésiens? François Stocco, secrétaire général de la commune, souligne le contraire: «Un menuisier employé permet une grande réactivité par rapport à nos besoins, ce qui signifie aussi des gains de temps au niveau administratif. Son habileté et sa capacité à répondre à toute demande sont également précieuses. De plus, le coût horaire est inférieur à celui d’un indépendant.» Marc Pasqualato avance aussi l’argument du rabais des fournisseurs, qui bénéficie directement à la Commune. «Dans le privé, la ristourne de 20 ou 30% que fait le fournisseur à l’artisan qui achète en gros ou qui revient souvent chez lui est gardée par l’entreprise, tandis que le client est facturé plein pot. Moi, je touche un salaire fixe, je négocie les prix pour la Commune et ne mets pas d’argent de côté. La Commune profite donc directement des rabais.»

«J’ai encore mes dix doigts»

Et les risques du métier? «En quinze ans, j’ai encore mes dix doigts!» sourit-il. Il confie en revanche faire très attention. «Si j’ai été appelé pour saler les routes de la commune à 4h du matin, je ne vais pas toucher aux scies la journée qui suit, mais avancer sur d’autres étapes, faire du rangement, etc.» Sa fonction de menuisier requiert-elle donc des déneigements d’urgence? Son supérieur, Dominique Generet, chef des Services extérieurs, explique que pour faire tourner ses équipes pendant l’hiver, «Marc fait effectivement des piquets comme les autres employés».

Les mains dans les larges poches de son pantalon de travail, il se souvient que l’obtention de ce poste était un «coup de chance». «C’était mon premier jour de chômage, et ma conseillère en emploi avait vu cette offre qui expirait le lendemain. J’ai postulé, et pendant l’entretien, j’ai pu dire que j’avais déjà installé les portes ignifuges cloisonnantes dans les locaux de la mairie de Bernex, qui avait alors mandaté un spécialiste du privé. J’ai reçu le poste et j’ai commencé quelques semaines plus tard.» Aujourd’hui, Marc Pasqualato se dit comblé: «J’ai vraiment la passion de ce que je fais. Je ne me verrais pas du tout changer de métier.»

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